Cascaille, en occitan, c’est d’abord un bruit : celui des cailloux qui roulent sous le pied. Mais Cascaille, c’est surtout le nom du blanc d’assemblage de la famille Clavel, construit aujourd’hui sur sept cépages: Roussanne, Marsanne, Grenache blanc, Clairette, Vermentino, Viognier et Bourboulenc. La fermentation malolactique est faite, et l’élevage se partage entre demi-muids et cuves béton ovoïdes, sur lies fines, pour une durée de 18 mois. Cascaille est en AOP Languedoc.
Voilà un blanc du sud qui ne s’appuie pas sur le bois pour exister et sur un blanc sudiste un peu ambitieux (une cuvée « haut de gamme »), ça n’est pas si fréquent. La texture est finement grasse, gourmande, elle nappe la bouche sans jamais coller. Côté aromatique, on retrouve un fruité assez consensuel, sur les fruits jaunes bien mûrs, mais le vin ne s’arrête pas là et montre une complexité réjouissante, avec de l’amande, une petite pointe anisée qui relève l’ensemble et de tout petits amers en finale qui, sensation inhabituelle, m’évoque le calcaire (sans que je ne puisse l’expliquer…). Aucune sensation d’alcool en tout cas, l’équilibre est très bon, pas même une trace de chaleur en arrière-plan. La longueur est bonne elle aussi même si on se (sur)prend à la trouver pas assez conséquente (car c’est bon!). Bon, c’est franchement pas très grave, car on y retourne avec plaisir.

