Je vous disais l’année dernière que le 2023 serait le dernier millésime de Graippeaux. Et comme je vous présente aujourd’hui ce 2024, vous vous dites qu’à l’évidence, j’ai menti… Eh bien, pas vraiment. Car ce Graippeaux 2024 n’est pas tout à fait Graippeaux. On y retrouve bien les raisins de la parcelle habituelle (une massale de Chenin de 70 ans, sur la commune de Ternay, à quelques kilomètres de Montreuil-Bellay), mais aussi, et c’est la nouveauté, ceux d’une parcelle qu’Étienne Bodet est allé piocher dans le parcellaire de son père, sur le climat des Pouches, à quelques centaines de mètres du chai. Graippeaux disparaîtra bien l’année prochaine, et une nouvelle cuvée, issue des seuls raisins des Pouches, prendra sa place dans la gamme. Ce 2024, qui devait d’ailleurs s’appeler autrement, est donc celui de la transition. La vinification ne change pas, avec notamment 21 mois d’élevage en fûts (majoritairement des 400 litres). Les sulfites sont sous le seuil de détection (moins de 12 mg/L de total)
Le millésime 2024 n’a pas forcément bonne presse. Pour ma part, je crois qu’il y a (et qu’il y aura) des vins exceptionnels, notamment en blanc, notamment dans la Loire. Alors oui, il faut aimer la tension et un certain support acide, mais si c’est votre style, vous allez trouver des bouteilles qui vont vous marquer. Ce Graippeaux sera probablement l’une d’elles. La mise est très récente (juillet 2026), mais j’ai eu la chance de suivre ce vin tout au long de son élevage et de le voir évoluer pour le meilleur. Tout part d’une arête acide solide et bien présente (le vin affiche un pH de 3,01, ce n’est donc pas qu’un ressenti…), et Étienne, avec sa jolie patte de vinificateur, a su construire autour de ce squelette, le graisser, l’enrober, en travaillant avec les lies. L’aromatique est très pure : beaucoup de fruits blancs, du citron confit, de la pomme verte, une touche de chlorophylle, toute la gamme des zestes d’agrumes, et aussi une composante plus chaude et gourmande apportée par l’élevage, moins grillée et autolytique que l’année dernière (Étienne avait poussé le curseur un peu loin). L’aération apporte quelques notes de miel peu sucré et de cire, assez envoûtantes. Je vous conseille d’ailleurs de carafer ce vin, surtout si vous l’ouvrez d’ici la fin de l’année 2026 : à l’ouverture, il est un peu « scindé en deux », avec un élevage encore un peu en avant. La finale file (très) droit, très salivante, avec les amers en contrepoint, sur le citron confit, le pain chaud et la peau de mandarine. Un dernier millésime de Graippeaux qui nous fera, je pense, le regretter.
Tous les vins d’étienne bodet
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Bodet-Herold – Ternay 2023
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Bodet-Herold – Les Greffiers 2022
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Bodet Étienne – Graippeaux 2024 (Magnum)
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Bodet Étienne – Graippeaux 2024
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Bodet Étienne – Clos Durandière 2022 (Magnum)
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Bodet Étienne – Clos des Vaudelles 2023 (Magnum)
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Bodet Étienne – Clos des Vaudelles 2023
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Bodet Étienne – Clarum 2025 (Magnum)
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Bodet Étienne – Clarum 2025

