François Dumas

Rhône Nord

Véranne. Bon, si vous cherchez sur une carte de France (et même une spécialisée sur le Rhône nord), vous allez probablement mettre un moment avant de tomber dessus. C’est un petit village de 1000 âmes perché à 580 mètres d’altitude, au pied du mont Pilat, dans le département de la Loire. On est pas vraiment sur les circuits touristiques viticoles classiques pourtant il y a quelques noms plus « ronflants » tout près. Condrieu, tout proche, Côte-Rotie aussi, Saint-Joseph, juste un tantinet plus loin.

François Dumas aime prendre de la hauteur. Une grande partie de ses vignes sont situées sur les plateaux granitiques. Il y a plusieurs avantages : des nuits plus fraiches, du foncier moins cher, des parcelles isolées et donc pas de voisin envahissant avec leurs traitements. Un inconvénient majeur: On est situé à plus de 350m d’altitude, la limite haute qui interdit d’emblée tout classement en Appellation. C’est pas grave, François, ça lui va bien, les Vins de France. Certaines parcelles sont tout de même en appellation. Deux petites au Sud de l’appellation Condrieu et un gros bloc (pour lui) d’1,5 hectares en Saint Joseph. Au global, le parcellaire est très morcellé, avec beaucoup de petites parcelles éparpillées dans un rayon d’une quinzaine de kilomètres autour de son village natal. François est tout seul (il aime bien avoir la main) et c’est parfois du sport pour être partout à la fois sur une zone aussi étendue, surtout lorsque le mildiou rôde. Ça tombe bien, il voulait être prof de sport initialement (il aime particulièrement le Handball) et il aime ce mode de fonctionnement. « J’aime la dimension physique de ce métier » me dira t-il d’ailleurs, comme si sa vision du métier de vigneron était le parfait compromis entre son amour du vin et celui du sport.

François, il parle pas beaucoup. Ni de lui, ni de ses vins. Pas de site internet, pas de réseaux sociaux. Pas un grand communiquant donc. C’est pas grave, il sait ce qu’il fait (il s’est formé chez Trapet et Jean-Louis Chave, ya pire…) mais surtout, les passionnés savent ce que lui fait désormais. Les bouteilles circulent, mais discrètement et essentiellement entre les mains des plus passionnés. La réputation s’est faite par le bouche à oreille. Un peu à l’ancienne en somme. Les vins le sont un peu, eux aussi, à l’ancienne. « Oui bha des vrais vins quoi » dit-il en se marrant lorsque je lui en fait la remarque. Sans critique ni aucun début de grosse tête (pas du tout) pour ce qui se fait actuellement dans la production viticole mais une vraie philosophie, presque une profession de foi. Pas de « p’tit  jus » ici, pas de carbo, des longs élevages, jamais de bois neuf…Les vinifications sont traditionnelles, sans intrant hormis un peu de soufre, sans dogme surtout, à l’écoute du millésime et de ce qu’il peut offrir. Il en ressort des vins structurés, qui demandent généralement un peu de temps mais qui peuvent vieillir avec grâce. Des vrais vins, comme il dit. Et même des vins vrais j’ai envie de dire moi. Comme le bonhomme. On aime bien ça ici.

Les vins de François actuellement disponibles à la vente