Description
A Portela, c’est d’abord un lieu, une colline de 5 hectares dans la ville montagnarde de Larouco en plein coeur de l’appellation espagnole (D.O) de Valdeorras (en Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, pour ceux qui ne voient pas encore où on est). Nous sommes vraiment aux portes de la Galice, d’ailleurs le nom de cette cuvée (et ce lieu) évoque cette idée, de « porte qui s’ouvre sur (la Galice)» même si Alberto (et d’autres) pensent plutot que ce sont les portes du Paradis 🙂. Alberto Orte y travaille une parcelle de Mencia plantée dans les années 80 sur des sols d’ardoise et de granit, à 500 mètres d’altitude. Les rendements sont très bas, autour de 2,5 kg de raisins par pied (contre 7,5 kg en moyenne dans l’appellation). Alberto vinifie ses Mencía en levures indigènes, avec une petite macération préfermentaire à froid, suivie d’une dizaine de jours supplémentaires de macération « classique ». L’élevage se déroule en barriques bourguignonne et dure 18 mois
Beaucoup parle de Pinot bourguignon pour évoquer cette cuvée mais personnellement, je ne suis pas vraiment sûr. Alors oui, au nez il y a cette rose, fraîche, très parfumée et surtout une cerise légère, croquante, qui effectivement évoque la Bourgogne mais la bouche possède un juteux, une touche sanguine, presque métallique qui (me) rappelle davantage un Beaujolais. La texture également, on est vraiement sur quelque chose de glissant, de fluide et pourtant il y a de la matière, des tanins fins, légèrement poudreux qui apporte une vraie densité sous cette apparente légèreté. Les épices et la pierre sombre pointent progressivement, des notes d’ardoise, de mine de crayon qui s’installent sur la longueur et donnent un peu de gravité, de sérieux plutôt, à l’ensemble. La trame acide est précise, elle tire le vin vers une finale effilée et salivante. Ce qui surprend au final, c’est le niveau de détail et de complexité pour un vin aussi direct, aussi élancé. On peut vite passer à côté mais si on lui prête de l’attention, A Portela a vraiment beaucoup de choses à raconter et même si c’est probablement pas le Paradis, c’est quand même très bon.


