Pierre Adrien Vadé

Saumur

Pierre Adrien Vadé

Saumur

Présentation

Pierre Adrien Vadé est ce qu’on peut appeler un jeune vigneron. Installé à son compte, en appellation Saumur, depuis seulement une poignée de millésimes, son attachement à cette terre saumuroise remonte pourtant à beaucoup plus loin puisque la famille Vadé possède et cultive de la vigne ici depuis plusieurs générations. Son père et son oncle possèdent leurs propres domaines, avec des surfaces déjà plus que respectables (autour d’une vingtaine d’hectares).

Après de longues études en marketing du vin et une première expérience chez un gros distributeur à Bordeaux, ce n’est qu’en 2014 que Pierre Adrien décide de revenir sur les terres qui l’ont vu naitre. Après deux expériences riches, chez le désormais très populaire Thierry Germain et le moins réputé (mais pas moins talentueux !) Philippe Vatan (du Chateau du Hureau), il récupère finalement deux petites parcelles présentes dans la famille depuis toujours. Un hectare de vignes, bichonné comme un jardin, qui devient son terrain de jeu pour à son tour, comme son père, et son père avant lui, faire son propre vin.

La vie à la vigne

Pierre Adrien prend donc soin d’un peu plus d’un hectare de vignes, toutes en appellation Saumur et toutes de cabernet franc. La première parcelle se situe sur la commune de Souzay-Champigny, au lieu-dit Les Hauts Buts. Les vignes ici ont une quarantaine d’années en moyenne, les plus vieilles, plus de 60 ans. Elles permettent la création de la cuvée Les Hauts Buts (oui, certaines choses sont bien faites…)

A Gauche la parcelle des Hauts Buts de Pierre Adrien Vadé. Dans le fond, le lieux-dit Four à Chaud, un autre très bon terroir du coin

C’est un joli terroir, un peu plus précoce que la moyenne. Le sol est classique de l’appellation puisque l’on est sur la craie (verte du Turonien, pour les plus pointus) avec une couche classique de limon argilo-sableux en surface.

Les Hauts Buts. Le clocher de Souzay est à gauche, à droite dans le fond, on distingue le Clos de la Bienboire, du Chateau de Villeneuve

Comme sur les autres parcelles, Pierre Adrien n’utilise ici ni désherbant, ni insecticide, ni fongicide. Un rang sur deux, de l’engrais vert est semé au printemps pour être ensuite couché en été, ce qui permet de fournir des réserves en matière organique et en nutriments. Il permet également de “fissurer” les premiers centimètres de sol, permettant ainsi une meilleure perméabilité à l’air et surtout à l’eau. Sous le rang en revanche, le sol est travaillé régulièrement pour éviter la concurrence de l’herbe.

L'engrais vert...Nous sommes au mois d'Aout, il a déjà été couché

La deuxième parcelle que Pierre Adrien vinifie est située à Dampierre-sur-Loire, une commune limitrophe de Saumur. Nous sommes ici à seulement quelques encablures de la Loire. Cette parcelle permet la création de la cuvée Les Chataigners. La vigne est toute jeune puisque 2018 sera le premier millésime.

Pierre Adrien dans sa parcelle "Les Chataigners"

Lorsque Pierre Adrien a repris cette vigne, en 2014, il y avait ici du cabernet franc d’une soixantaine d’années. Deux millésimes ont été vinifiés (2014 et 2015 donc) puis Pierre Adrien a décidé d’arracher cette vigne, implantée trop superficiellement et donc très mal adaptée au travail du sol (chaque passage d’outil arrachait une bonne partie du système racinaire des ceps). Replantée dans la foulée avec du matériel végétal de qualité cette fois, 2018 sera le premier millésime de cette nouvelle vigne des châtaigniers.

Pierre Adrien aux petits soins pour ses "bébés châtaigners"

La composante sol du terroir est ici bien différente de celle de la parcelle des Hauts Buts. Il s’agit d’un sol de sables à sables argileux, datant de l’ère secondaire (crétacé), un vrai beau terroir. C’est un sol plus riche, plus intéressant, plus complexe que les sols de sables d’alluvions / colluvions, très répandus dans l’appellation et qui donnent en général des vins assez légers et vinifiés sur le fruit. Les sols sont bien sûr travaillés là aussi, pour lutter contre l’herbe mais aussi pour dégrader le système racinaire de surface et ainsi forcer les ceps à s’implanter plus en profondeur.

Le sol des chataigniers, dans une zone particulièrement riche en argile
Pierre de Champigny, que l'on retrouve ci et là dans la parcelle des châtaigniers

Pierre Adrien a enfin repris en 2018 une troisième parcelle, située à proximité immédiate de celle des châtaigniers. Elle est située au lieu dit Le Gaillardin et fait face à la Loire. Ce sont de vieux cabernets francs, implantés sur un sol de tuffeau jaune et de craie. C’est vraiment un très bel endroit, une parcelle isolée, sans voisin, où la vigne semble plonger dans la Loire. En contrepartie, c’est la plus compliquée à travailler car elle présente une déclivité très importante, ce qui rend le passage en tracteur très périlleux d’autant plus que la vigne est plantée dans le sens perpendiculaire à la plus grande pente. Comme pour les deux autres parcelles, les raisins devraient entrer dans une cuvée à part entière et comme pour les deux autres, la production sera limitée à quelques milliers de bouteilles étant donné la petite surface, environ 35 ares (3500m2).

Le Gaillardin. La pente est plus impressionnante en réalité que sur la photo. Le nom de cette parcelle provient d'ailleurs du fait qu'il faut se montrer "gaillard" pour s'y aventurer !

Du raisin au vin

Comme souvent, l’essentiel du vin se faisant à la vigne (en tout cas pour les vins proposés ici…), cette partie sera beaucoup plus courte que la précédente. Tout commence par les vendanges (si si…), qui se font à la main. Petit détail amusant, Pierre Adrien “emprunte” pour ses vendanges les équipes d’un gros domaine voisin. Une équipe très fournie donc, de 35 ou 40 personnes, si bien que vu la taille des parcelles (quelques ares), les vendanges sont souvent terminées en une heure ou deux. Niveau récolte à maturité optimale, on peut difficilement faire mieux !

Pierre Adrien n’a pas de chai à lui, il utilise celui de son père (qui possède une vingtaine d’hectares) et qui dispose donc d’installations très complètes. Après un passage sur table de tri, la vendange (généralement égrappée, même s’il y a parfois une petite proportion de vendanges entières) est mise en fermentation (en levures indigènes) en cuve fibre. Les extractions sont mesurées et alternent entre remontages et pigeages légers. Les Hauts Buts sont élevés intégralement en cuve (fibre) tandis que Les Châtaigners et la parcelle du Gaillardin sont élevés sous bois.

Le vin de Pierre Adrien actuellement disponible à la vente