Claire et Florent Bejon

Claire et Florent Bejon

Le domaine en quelques mots

Avant de faire son vin, Florent a mis en bouteille celui des autres. Pendant vingt ans, il a travaillé chez l’embouteilleur d’une bonne partie des plus grands domaines de Loire, ce qui lui a donné une vraie expertise et, surtout, un palais bien entraîné. Avec Claire, il démarre en 2010 sur 20 ares de vieux Chenins, puis ils ajoutent une parcelle presque chaque année. Ils ont aujourd’hui cinq hectares, pour l’essentiel sur la Rive Gauche de la Vienne, dans le Chinonais (tous les vins sortent en Vin de France). Vendange entière, pas d’extraction, pas d’intrant, pas de filtration. Des Cabernets Francs effilés, crayeux, sans maquillage, et un Chenin parmi les plus rares et identitaires du coin.

Tous les vins de Claire et Florent Bejon

Rive Gauche

Préambule. Aucun des vins proposés par Claire et Florent Béjon ne possède d’Appellation d’Origine Contrôlée. Claire et Florent produisent exclusivement des VSIG, des Vins sans Indication Géographique, plus communément appelés Vins de France qui, par définition et pour être clair, peuvent donc être, au regard de la loi, originaires de n’importe où en France

Florent n’est officiellement vigneron à temps plein que depuis le millésime 2021 et pourtant, il a déjà mis en bouteilles plusieurs millions de litres de vin. Bon, c’était pas SON vin puisqu’en fait, Florent a travaillé pendant pratiquement 20 ans pour l’embouteilleur collaborant avec la majorité des plus grands vignerons de Loire (l’entreprise Brault). Autant dire qu’il a gouté pratiquement tous les plus grands cabernets et chenins créés ces 15 dernières années en Touraine, dans le Saumurois et en Anjou. De quoi se forger une compétence de dégustateur chevronné. Une qualité indispensable pour faire un bon vigneron…

La carrière de vigneron du couple démarre en fait dès 2010, année où ils reprennent une micro parcelle de très vieux chenins (20 ares seulement, un jardin). La cuvée s’appelle alors Les Gruches (elle existe toujours d’ailleurs) et l’essentiel des quelques centaines de bouteilles produites est bu et/ou échangé avec les vignerons que Florent côtoie chaque jour. Pas un business florissant donc (ça tombe bien c’était pas vraiment le but) mais déjà le bonheur de faire son propre vin. Pratiquement chaque année, ils achètent une nouvelle parcelle, créant ainsi, petit à petit et en partant de zéro, un « domaine ».

Dès 2015, Claire travaille à temps plein dans les vignes et à la cave, Florent garde lui son emploi (chez Brault donc) et l’épaule le soir et les week-ends. Ils commencent à vendre leur production, sans « stratégie marketing » mais sans difficulté non plus car les vins, en plus d’avoir un vrai style et une personnalité, sont (déjà) (très) bons. En 2021, une quinzaine de parcelles achetées plus tard, Florent arrive à son tour à temps plein sur le domaine.

Si vous avez bien suivi, vous comprendrez aisément que le parcellaire de Claire et Florent est très morcellé, les parcelles ayant été achetées autant au gré des opportunités que des coups de coeur. Ils possèdent aujourd’hui cinq hectares de vignes en tout auxquels s’ajoutent 1,5 supplémentaires à planter. C’est déjà une surface très respectable étant donné que le couple travaille seul (ni employé, ni saisonnier) si bien qu’ils n’envisagent pas de s’agrandir dans le futur.

La très grande majorité des parcelles est située dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de leur maison, située à Saint-Germain-sur-Vienne à une quinzaine de minutes du village de Chinon. Elles sont majoritairement situées sur la Rive Gauche de la Vienne, principalement de Candes Saint Martin à Seuilly. Le couple ne revendique aucune appellation et toutes les étiquettes indiquent donc « Vin de France ».

La Rive Gauche est la rive méconnue, pour ne pas dire délaissée, de l’appellation Chinon (Appellation que ne revendique par Claire et Florent). Une grande partie de ces communes n’a intégré l’appellation qu’il y a une dizaine d’année et tous les « grands » domaines sont implantés Rive Droite, sur une ligne allant de Beaumont en Véron jusqu’a Panzoult en passant par Cravant les Coteaux. Pourtant, la Rive Gauche regorge de terroirs magnifiques, avec de jolis coteaux, des substrats très calcaires et des vieilles vignes. Historiquement, on trouvait d’ailleurs beaucoup plus de vignes de ce côté ci de la Vienne et les vins étaient très réputés. Un projet d’appellation « Coteaux de Seuilly » (le village natal de Rabelais) avait même été initié il y a 25 ans, sans finalement aller à son terme. De superbes terroirs, méconnus mais que certains (dont Florent et Claire) tentent de faire (re)vivre

Les cuvées Picrochole et Saint Germain sont issues d’un assemblage de parcelles. La cuvée Saint Germain regroupe les plus vieilles vignes du domaine, avec un âge des ceps oscillant autour de 80 ans et aucun n’ayant moins de 60 ans. Picrochole est elle majoritairement composée d’un clos d’environ 1Ha. Les vignes ici ont une quarantaine d’années. Le sol est essentiellement des argiles à silex, avec une teneur en argile très variable et le substrat calcaire arrivant très vite en dessous.

La cuvée Les Bournais a deux particularités, elle est issue d’une seule parcelle et les vignes sont situées plus loin, à environ une demi-heure de route. Les cabernets francs sont ici totalement isolés, sans aucune autre vigne à plusieurs kilomètres à la ronde. Assez atypique, peut être même bizarre pour certains mais quand on goute les jus, on comprend mieux pourquoi le couple s’est intéressé à cette parcelle…Les vignes ont cinquante ans de moyenne d’âge (une partie à 60 ans, l’autre 40) et sont implantées sur un sol très profond, avec des argiles plus lourdes. C’est logiquement au vu de son terroir, la cuvée la plus structurée de Claire et Florent, celle qui présente le plus « d’épaule ». Un vin bien à part chez le couple, avec une personnalité affirmée (même si chaque cuvée à un vrai style au domaine, une grande qualité pour moi)

La cuvée Pain Perdu est la dernière née de Claire et Florent. C’est une cuvée parcellaire, issue d’une vigne qui est elle située sur la Rive Droite (c’est la seule que possède le couple de ce côté de la Vienne). Le sol est ici composé de millarge, du tuffeau jaune principalement (qui s’éclaircit plus on monte). Un sol assez typique des coteaux de Beaumont. Une partie des vignes arrive jusque sur le plateau, où l’on retrouve des altérations de tuffeau (jaune et blanc) et des sables éoliens. Pain Perdu est un Vin de France.

Vignes et vins sont certifiés en Agriculture Biologique. Claire et Florent n’utilisent que des produits de contact (soufre et cuivre, à dose très modérées). Les sols sont travaillés, notamment le cavaillon. Florent aime bien utiliser les disques émotteurs (une sorte de gros scarificateur) qui permet de juguler la croissance de l’herbe sans labour profond et ainsi de conserver les différents horizons de sols. Un rang sur deux est enherbé, avec notamment une utilisation d’engrais vert, semé à l’automne et couché en début d’été. Ainsi les sols sont couverts pendant l’hiver, se tassent moins et une réserve d’azote est disponible à la saison chaude lorsque la plante en a besoin.

Une fois les raisins en cave, Claire et Florent aiment bien prendre leur temps. Ils aiment aussi être à l’écoute du millésime, et de la vendange qui entre. Il n’y a donc pas de process figé, récurrent mais quelques fondamentaux tout de même que l’on peut résumer via le triptyque suivant : pas d’égrappage, pas d’extraction, pas d’intrant. Voilà pour l’essentiel en une phrase!

Dans le détail, ça donne des macérations de durées très variables, pouvant aller d’une grosse dizaines de jours (pour la cuvée Pain Perdu) à plusieurs mois (leur record est à 3 mois). Une durée totalement atypique mais qui est liée à deux phénomènes. Le premier étant qu’il n’y a aucun process d’extraction, juste un petit remontage le premier jour pour bien humidifier le tout et ensuite, ni remontage, ni pigeage…La vendange n’étant pas égrappée, une partie de la fermentation se déroule à l’interieur de la baie même du raisin (« semi carbonique »). L’autre raison qui explique les longues durées de macération est la température du chai (toujours assez basse) ce qui ralentit beaucoup les cinétiques fermentaires (plus un moût est chaud, plus il fermentera vite). Ces températures de macération basses permettent également de garder un bel éclat de fruit

Claire et Florent aiment bien mixer les contenants d’élevage. Ils utilisent à la fois la cuve, les barriques/demi-muids et des amphores en terre cuite. Pour les contenants bois, ils privilégient les gros contenants (600L principalement) car s’ils aiment la micro oxygénation que le bois permet, ils détestent son apport aromatique dans les vins. Les vins finissent de fermenter et sont élevés dans une cave troglodyte, à la température et à l’hygrométrie constante. Ils y restent au minimum une année, sans manipulation (pas de soutirage). Claire et Florent n’utilisent aucun intrant durant tout le processus de vinification (levures indigènes, pas d’azote assimilable, pas de sulfite). Les mises en bouteilles se font également sans sulfite et surtout, sans collage, ni filtration. Florent a vu (dans son ancien métier) tellement de vins être totalement dénaturés par une filtration (même légère, même bien faite) que c’est pour lui, et c’est non négociable, un procédé totalement inenvisageable sur ses vins.

Pour conclure, quelques mots sur le style des vins qui fera, je pense, penser à beaucoup d’entre vous aux vins de Patrick Corbineau. Ne recherchez donc pas ici les grosses matières, amples, les élevages présents, les fruits très noirs, le cassis…Il y a de quoi vous faire plaisir ailleurs dans le coin (et évidemment au delà). Chez Claire et Florent, les aromatiques trouvent cet équilibre subtil entre fruit frais, patine de l’élevage sous vieux bois et squelette crayeux. Les trames tanniques, tout comme les maturités, sont toujours très bien calibrées, élégantes et offrent des matières effilées et de jolies texture douces, sans opulence, au charnu justement dosé. Des vins natures et sans fard, sincères, non stéréotypés, qui parlent, si on se donne la peine de les écouter, de grands terroirs injustement mésestimés.

Préambule. Aucun des vins proposés par Claire et Florent Béjon ne possède d’Appellation d’Origine Contrôlée. Claire et Florent produisent exclusivement des VSIG, des Vins sans Indication Géographique, plus communément appelés Vins de France qui, par définition et pour être clair, peuvent donc être, au regard de la loi, originaires de n’importe où en France

Florent n’est officiellement vigneron à temps plein que depuis le millésime 2021 et pourtant, il a déjà mis en bouteilles plusieurs millions de litres de vin. Bon, c’était pas SON vin puisqu’en fait, Florent a travaillé pendant pratiquement 20 ans pour l’embouteilleur collaborant avec la majorité des plus grands vignerons de Loire (l’entreprise Brault). Autant dire qu’il a gouté pratiquement tous les plus grands cabernets et chenins créés ces 15 dernières années en Touraine, dans le Saumurois et en Anjou. De quoi se forger une compétence de dégustateur chevronné. Une qualité indispensable pour faire un bon vigneron…

La carrière de vigneron du couple démarre en fait dès 2010, année où ils reprennent une micro parcelle de très vieux chenins (20 ares seulement, un jardin). La cuvée s’appelle alors Les Gruches (elle existe toujours d’ailleurs) et l’essentiel des quelques centaines de bouteilles produites est bu et/ou échangé avec les vignerons que Florent côtoie chaque jour. Pas un business florissant donc (ça tombe bien c’était pas vraiment le but) mais déjà le bonheur de faire son propre vin. Pratiquement chaque année, ils achètent une nouvelle parcelle, créant ainsi, petit à petit et en partant de zéro, un « domaine ».

barriques de la cuvée Les Gruches, de claire et florent Béron, vigneron nature dans le 37

Dès 2015, Claire travaille à temps plein dans les vignes et à la cave, Florent garde lui son emploi (chez Brault donc) et l’épaule le soir et les week-ends. Ils commencent à vendre leur production, sans « stratégie marketing » mais sans difficulté non plus car les vins, en plus d’avoir un vrai style et une personnalité, sont (déjà) (très) bons. En 2021, une quinzaine de parcelles achetées plus tard, Florent arrive à son tour à temps plein sur le domaine.

Florent Béjon dans la parcelle donnant la cuvée Picrochole

Si vous avez bien suivi, vous comprendrez aisément que le parcellaire de Claire et Florent est très morcellé, les parcelles ayant été achetées autant au gré des opportunités que des coups de coeur. Ils possèdent aujourd’hui cinq hectares de vignes en tout auxquels s’ajoutent 1,5 supplémentaires à planter. C’est déjà une surface très respectable étant donné que le couple travaille seul (ni employé, ni saisonnier) si bien qu’ils n’envisagent pas de s’agrandir dans le futur.

parcelles de cabernet franc au domaine claire et florent bejon, vin de france nature

La très grande majorité des parcelles est située dans un rayon d’une dizaine de kilomètres autour de leur maison, située à Saint-Germain-sur-Vienne à une quinzaine de minutes du village de Chinon. Elles sont majoritairement situées sur la Rive Gauche de la Vienne, principalement de Candes Saint Martin à Seuilly. Le couple ne revendique aucune appellation et toutes les étiquettes indiquent donc « Vin de France ».

La Rive Gauche est la rive méconnue, pour ne pas dire délaissée, de l’appellation Chinon (Appellation que ne revendique par Claire et Florent). Une grande partie de ces communes n’a intégré l’appellation qu’il y a une dizaine d’année et tous les « grands » domaines sont implantés Rive Droite, sur une ligne allant de Beaumont en Véron jusqu’a Panzoult en passant par Cravant les Coteaux. Pourtant, la Rive Gauche regorge de terroirs magnifiques, avec de jolis coteaux, des substrats très calcaires et des vieilles vignes. Historiquement, on trouvait d’ailleurs beaucoup plus de vignes de ce côté ci de la Vienne et les vins étaient très réputés. Un projet d’appellation « Coteaux de Seuilly » (le village natal de Rabelais) avait même été initié il y a 25 ans, sans finalement aller à son terme. De superbes terroirs, méconnus mais que certains (dont Florent et Claire) tentent de faire (re)vivre

parcelle de la cuvée picrochole de claire et florent bejon, vin de france nature proche de chinon

Les cuvées Picrochole et Saint Germain sont issues d’un assemblage de parcelles. La cuvée Saint Germain regroupe les plus vieilles vignes du domaine, avec un âge des ceps oscillant autour de 80 ans et aucun n’ayant moins de 60 ans. Picrochole est elle majoritairement composée d’un clos d’environ 1Ha. Les vignes ici ont une quarantaine d’années. Le sol est essentiellement des argiles à silex, avec une teneur en argile très variable et le substrat calcaire arrivant très vite en dessous.

Un vestige des murs entourant le « clos », domaine Bejon
De gros morceaux du substrat calcaire ressortent par endroit, domaine claire et florent bejon

La cuvée Les Bournais a deux particularités, elle est issue d’une seule parcelle et les vignes sont situées plus loin, à environ une demi-heure de route. Les cabernets francs sont ici totalement isolés, sans aucune autre vigne à plusieurs kilomètres à la ronde. Assez atypique, peut être même bizarre pour certains mais quand on goute les jus, on comprend mieux pourquoi le couple s’est intéressé à cette parcelle…Les vignes ont cinquante ans de moyenne d’âge (une partie à 60 ans, l’autre 40) et sont implantées sur un sol très profond, avec des argiles plus lourdes. C’est logiquement au vu de son terroir, la cuvée la plus structurée de Claire et Florent, celle qui présente le plus « d’épaule ». Un vin bien à part chez le couple, avec une personnalité affirmée (même si chaque cuvée à un vrai style au domaine, une grande qualité pour moi)

cep de cabernet franc au domaine claire et florent bejon

La cuvée Pain Perdu est la dernière née de Claire et Florent. C’est une cuvée parcellaire, issue d’une vigne qui est elle située sur la Rive Droite (c’est la seule que possède le couple de ce côté de la Vienne). Le sol est ici composé de millarge, du tuffeau jaune principalement (qui s’éclaircit plus on monte). Un sol assez typique des coteaux de Beaumont. Une partie des vignes arrive jusque sur le plateau, où l’on retrouve des altérations de tuffeau (jaune et blanc) et des sables éoliens. Pain Perdu est un Vin de France.

domaine claire et florent bejon, cuvée pain perdu, rive droite

Vignes et vins sont certifiés en Agriculture Biologique. Claire et Florent n’utilisent que des produits de contact (soufre et cuivre, à dose très modérées). Les sols sont travaillés, notamment le cavaillon. Florent aime bien utiliser les disques émotteurs (une sorte de gros scarificateur) qui permet de juguler la croissance de l’herbe sans labour profond et ainsi de conserver les différents horizons de sols. Un rang sur deux est enherbé, avec notamment une utilisation d’engrais vert, semé à l’automne et couché en début d’été. Ainsi les sols sont couverts pendant l’hiver, se tassent moins et une réserve d’azote est disponible à la saison chaude lorsque la plante en a besoin.

Un beau couvert végétal dans une micro parcelle (plantier), au domaine bejon
engrais vert au domaine claire et florent bejon

Une fois les raisins en cave, Claire et Florent aiment bien prendre leur temps. Ils aiment aussi être à l’écoute du millésime, et de la vendange qui entre. Il n’y a donc pas de process figé, récurrent mais quelques fondamentaux tout de même que l’on peut résumer via le triptyque suivant : pas d’égrappage, pas d’extraction, pas d’intrant. Voilà pour l’essentiel en une phrase!

La (très) belle cave de Claire et Florent bejon

Dans le détail, ça donne des macérations de durées très variables, pouvant aller d’une grosse dizaines de jours (pour la cuvée Pain Perdu) à plusieurs mois (leur record est à 3 mois). Une durée totalement atypique mais qui est liée à deux phénomènes. Le premier étant qu’il n’y a aucun process d’extraction, juste un petit remontage le premier jour pour bien humidifier le tout et ensuite, ni remontage, ni pigeage…La vendange n’étant pas égrappée, une partie de la fermentation se déroule à l’interieur de la baie même du raisin (« semi carbonique »). L’autre raison qui explique les longues durées de macération est la température du chai (toujours assez basse) ce qui ralentit beaucoup les cinétiques fermentaires (plus un moût est chaud, plus il fermentera vite). Ces températures de macération basses permettent également de garder un bel éclat de fruit

Amphore en grés pour l’élevage au domaine claire et florent bejon

Claire et Florent aiment bien mixer les contenants d’élevage. Ils utilisent à la fois la cuve, les barriques/demi-muids et des amphores en terre cuite. Pour les contenants bois, ils privilégient les gros contenants (600L principalement) car s’ils aiment la micro oxygénation que le bois permet, ils détestent son apport aromatique dans les vins. Les vins finissent de fermenter et sont élevés dans une cave troglodyte, à la température et à l’hygrométrie constante. Ils y restent au minimum une année, sans manipulation (pas de soutirage). Claire et Florent n’utilisent aucun intrant durant tout le processus de vinification (levures indigènes, pas d’azote assimilable, pas de sulfite). Les mises en bouteilles se font également sans sulfite et surtout, sans collage, ni filtration. Florent a vu (dans son ancien métier) tellement de vins être totalement dénaturés par une filtration (même légère, même bien faite) que c’est pour lui, et c’est non négociable, un procédé totalement inenvisageable sur ses vins.

dans la cave de Claire et Florent Bejon

Pour conclure, quelques mots sur le style des vins qui fera, je pense, penser à beaucoup d’entre vous aux vins de Patrick Corbineau. Ne recherchez donc pas ici les grosses matières, amples, les élevages présents, les fruits très noirs, le cassis…Il y a de quoi vous faire plaisir ailleurs dans le coin (et évidemment au delà). Chez Claire et Florent, les aromatiques trouvent cet équilibre subtil entre fruit frais, patine de l’élevage sous vieux bois et squelette crayeux. Les trames tanniques, tout comme les maturités, sont toujours très bien calibrées, élégantes et offrent des matières effilées et de jolies texture douces, sans opulence, au charnu justement dosé. Des vins natures et sans fard, sincères, non stéréotypés, qui parlent, si on se donne la peine de les écouter, de grands terroirs injustement mésestimés.

Tous les vins de Claire et Florent Bejon