Description
C’est en 2023 que Florent Foury a signé le premier millésime de la cuvée Le Champ des Loups au Domaine de L’Apollin. C’est une cuvée parcellaire qui assemble du gros (70%) et du petit (30%) Manseng. Une partie des ceps ont 45 ans tandis que les plus vieux ont plus de 80 ans et sont implantés sur un sol d’argiles lourdes, de molasse et de poudingues sur le terroir de Monein, à 300m d’altitude. Fermentation et élevage se sont déroulés en fûts de 228 et 350L pour une durée de 10 mois. Vinifié en levure indigène, Le Champ des Loups est ni filtré ni collé, 20mg/L de sulfites ont été ajouté pour assurer une bonne tenue en bouteille et à l’air.
Attention ça déménage ! Si vous avez eu la chance de le gouter, vous vous en rappelez forcément, Florent avait frappé très fort pour son premier millésime de Champ des Loups. Une cuvée qui l’avait propulsé directement de «jeune talent prometteur formé par Jean-Baptiste Semmartin au Domaine Lajibe et à surveiller d’un oeil» à «nouvelle star du Jurançonnais». On sait que le « Mondovino » n’a jamais été aussi prompt à la starification qu’aujourd’hui. Un seul millésime bien instagrammé par quelques bonnes personnes vaut désormais les 10 ans de dégustations obstinées et silencieuses dans le secret et la pénombre des caves d’antan, à l’époque où la réputation des domaines se construisait à la pipette et grâce aux chuchotement du bouche à oreille. (Cette petite parenthèse sentant le (pourtant encore jeune) quarantenaire aigri étant terminée), force est de constater qu’il se passe quand même quelque chose dans cette petite grange aménagée en chai dans le centre du confidentiel village béarnais d’Artiguelouve. Ici, Florent Foury s’est fait un nom, mais il a surtout construit un style. Et c’est probablement ce qui est le plus difficile pour un vigneron. Je ne suis pas sûr que tout le monde sera d’accord (c’est pas grave, c’est mon avis, j’assume) mais si vous cherchez un « Lajibe bis », passez votre chemin car je ne dirais pas que les vins ressemblent à ceux de son « mentor ». En tout cas pas les vins de Lajibe d’aujourd’hui. Moins d’extraits secs, moins de puissance contenue, moins de « liberté » en vinif mais par contre une gestion de la maturité et de l’acidité du manseng très proche. Je dirais même que Florent pousse le curseur un peu plus loin. Les acidités que Florent a trouvé dans ses 2024 sont extra-ordinaires (au sens premier du terme). Les mots « tendu » et « effilé » trouvent ici tout leur sens. Et pourtant je n’ai pas détecté la moindre trace de végétal ou de sous-maturité. Personnellement, j’adore, vraiment et je trouve que c’est un vin brillant (dans tous les sens du terme), scintillant même mais j’imagine que la limite sera franchie pour certains dégustateurs qui regretteront un petit manque de confort de bouche et d’enrobage. L’aromatique est ultra-gastronomique, un peu de fruits blancs, une touche d’autolyse mais surtout une austérité pierreuse magnifique qui signe les grands vins de terroir. Pour le dire en une phrase plutot qu’en quinze, c’est loin d’être toujours le cas mais la « hype » n’est, ici, pas usurpée. C’est une grande bouteille de vin.
Évidemment, les volumes sont confidentiels et comme cette bouteille est vendue au vrai prix et pas avec un coef se rapprochant dangereusement des 2 chiffres comme chez certains (ça ne s’appelle pas Buveur de vin pour rien ici), un caviste ne peut pas vivre en vendant uniquement ce genre de vins. Faute de meilleur option pour le moment (mais les choses vont bientot changer pour un systeme plus juste bientot), ce Champ des Loups est exclusivement vendu dans Le coffret du mois de Février.

