Bixente Indart

Domaine Goienetxea

Carte Irouleguy
Portrait du vigneron Bixente Indart du domaine Goienetxea en appellation Irouléguy

Bixente Indart

Domaine Goienetxea

Carte Irouleguy
Portrait du vigneron Bixente Indart du domaine Goienetxea en appellation Irouléguy

À la découverte de Bixente

300 ans. Cela fait 300 ans que la famille Indart façonne ce petit bout de Pays Basque, près de Saint-Étienne-de-Baïgorry. 300 ans à alterner les cultures, partager le terrain entre les brebis et les ceps, toujours sur la même colline. 300 ans, ça laisse le temps de voir passer des hivers parfois un peu longs, des étés écrasants, des printemps arrosés; et des générations entières qui finissent par ressembler au paysage. Dans la famille Indart, l’histoire ne s’est pas toujours écrite grâce à la vigne. Alors oui, c’est le père de Bixente qui, au début des années 80, a planté les vignes telles quelles sont, avec ce duo bien local : Cabernet et Tannat. La vigne, pour lui, c’était du travail agricole parmi d’autres, pas forcément une passion. La passion, Bixente, lui, il est tombé dedans petit. Et il a eu la curiosité de voir ailleurs. Chez Arretxea notamment, une référence d’Irouléguy à l’époque, où il a compris qu’on pouvait tirer de ces pentes bien plus que de simples remorques de raisins livrées à la coopérative

Vue aérienne du village de Saint-Etienne-de-Baigorry, du domaine Bixente Indart, en appellation Irouléguy
Le monde de Bixente en une photo. Les Grès rouge, les terres jaunes ophitiques, Saint-Étienne-de-Baigorry, les prairies, les Pyrénées

300 ans à marcher sur les mêmes terres, ça laisse des traces. Et pas seulement sur les chaussures. Ici, la terre, ce n’est pas une ligne dans un acte notarié, c’est la scène où toute l’histoire familiale s’est jouée.

La Terre, tu la vends une fois, tu la perds pour toujours – Bixente Indart

Quand on est Basque, la Terre se transmet mais ne se vend pas. Quand on y réfléchit, c’est presque autant une chance qu’une contrainte car pour quelqu’un qui voudrait s’installer, trouver quelques rangs de vignes, même s’il est d’ici, ça relève du parcours du combattant. En contre partie, lorsque l’on hérite d’une terre, on se doit d’en prendre soin…Et la vigne, c’est beaucoup de travail. Du coup, l’appellation reste « sous exploitée ». Sur le papier, Irouléguy, c’est mille hectares de terres en appellation mais dans la réalité, seulement deux cent cinquante sont plantés en vigne. Le reste, c’est de l’herbe bien verte et des brebis qui ne demandent ni taille hivernale ni ébourgeonnage de printemps.

vigne de tannat en appellation irouleguy au domaine goeinetxea
Le Tannat au sommet de Xingoleï

Xingolei. C’est le nom du lieu-dit et rien qu’à le prononcer, on sent déjà que c’est un endroit important. Et c’est vrai : tout le vignoble de Bixente se concentre ici, cinq hectares plantés sur un seul coteau. Pas besoin de carte. Depuis le village, on n’a qu’à lever les yeux pour le voir. Spectaculaire. Immense. Et basque jusqu’au bout des cailloux. La pente ? Sèche, raide, un peu traîtresse. Même Bixente et son 4×4, pourtant habitués à ce genre d’acrobaties, peinent à la grimper. J’en ai vu quand même pas mal, des vignes, mais là…En bas, la terre jaune d’ophite, couleur blé mûr, qui nourrit les mansengs, petits et gros, qui finiront dans la cuvée Malda.

L’ophite, une roche magmatique proche du Basalt, marqueur du terroir du blanc Malda
L’ophite, une roche magmatique proche du Basalt, marqueur du terroir du blanc Malda

Au dessus, une bande de forêt qui fait la frontière avec le royaume du rouge. Le rouge du sol déjà, de grès, étincelant, qui tranche dans le vert du paysage. Et puis celui des cépages, avec le cabernet et un peu de tannat à mi-coteau (pour la cuvée Xingolei) et enfin, tout en haut, le tannat de la cuvée GB, trônant comme une sentinelle. Un patchwork de couleur saisissant, très beau. Mais surtout, la sensation qu’il faut se rendre à l’évidence : nous avons face à nous deux grandes unités de terroir qui se rencontrent. Un marqueur géologique de beaucoup de grands terroirs viticoles. Je pense que c’en est un.

Photo en gros plan d’un grès rouge, terroir typique de l’appellation Irouléguy
Le royaume du (grès) rouge

On dit souvent qu’il pleut beaucoup au Pays basque. C’est complètement faux : il y pleut énormément. Irouléguy est même championne de France toutes catégories des régions viticoles. Le total des précipitations tourne autour de 1 600 mm d’eau par an. Le Jurançonnais tout proche ou le Jura, pourtant réputés bien arrosés eux aussi, plafonnent autour de 1 000 ou 1 200 mm/an. Les autres vignobles français, du Rhône à la Loire, font figure de déserts : entre 500 à 900 mm à l’année.

Ha bah ouai mon gars, c’est la guerre ici ! – Bixente Indart

Combinez cette humidité avec la chaleur estivale du Sud-Ouest et vous obtenez un paradis moite pour ce qui est probablement un des ennemis les plus tenaces du vigneron en bio : le mildiou. Cette alternance de pluie et de chaleur, c’est un peu son Club Med à lui. Si l’on ajoute à ça la pente extrême de Xingolei (qui rend très difficiles les traitements), vous avez un bon aperçu de la difficulté à faire pousser du raisin. « C’est une viticulture de combat ici » lui dis-je en souriant pendant que le 4×4 cahute dans la pente. « Ah ouai mon gars, c’est la guerre ici » me répond Bixente du tac au tac en se marrant. C’est sûr, après tout, vaut mieux en rire.

La parcelle de la cuvée Malda, au domaine Goeinetxea de Bixente Indart, en appellation Irouléguy, gros et petit manseng sur ophite
La parcelle de la cuvée Malda

Côté pratiques culturales justement, Bixente s’adapte à son écosystème. Les sols sont travaillés avec parcimonie. Sous le rang, il ne se passe pas grand-chose; enfin si, il passe le rotofil pour éviter de se faire envahir par l’herbe mais pas plus. Entre les rangs, un coup de griffe, histoire de dire et d’ouvrir un peu les sols pour qu’ils respirent. Mais l’herbe, globalement, ici, on s’en fiche un peu, ça n’est pas une problématique comme dans beaucoup de régions; Avec 1 600 mm de pluie par an, la vigne a de quoi boire. Pas de bagarre pour l’eau. Pas de stress hydrique. La vigne est bien : les pieds au frais et la tête au soleil

Le sol (travaillé dans l’inter rang) dans la parcelle Malda.

Les Tannats sont conduits en double baguette. C’est classique pour Irouléguy. La double baguette, au Cabernet, ça lui plait pas plus que ça par contre…Du coup Bixente le taille plus court, avec des coursons. Au final, ça donne une sorte de petit gobelet palissé. Gros axe de travail, Bixente réfléchit à supprimer toutes ses terrasses. Il a déjà fait une partie du boulot et compte replanter dans le sens de la pente. Pour les cépages, il hésite encore. Enfin pas pour les blancs : sur les terres jaunes d’ophites, ce sera du Petit Manseng. Pour les rouges par contre, sur les grès, Bixente se voit bien innover un peu et se laisserai bien tenter par des cépages avec des charges tanniques plus faibles (vous allez me dire, par rapport au Tannat, ça va pas être dur…). Gamay, Trousseau et Poulsard sont dans la short-list pour l’instant. C’est sûr, ça ferait du changement !

Vigne de Tannat conduite en terrasses et enherbées en appellation Irouléguy, au Domaine Goeinetxea
On voit mieux les Terrasses du Tannat sur cette photo

La réception de la vendange se fait dans la maison familiale, via un pont-levis qui est là depuis plus de cent ans et qui permet de charger les raisins à l’étage. Les raisins arrivent en caisses, sont égrappés au-dessus des cuves et y sont déposés par gravité. Le décuvage se fait également sans pompe, sauf en fin d’élevage pour certaines cuvées où Bixente s’autorise à utiliser une pompe lorsqu’il n’a pas le choix. Bixente utilise différents contenants selon les vins : foudres, barriques, demi-muids ou cuves béton. Les blancs passent généralement dans le bois, il aime bien…mais il expérimente aussi l’amphore pour accentuer la pureté. Pour les rouges, c’est la cuve béton qu’il préfère. Il aime le poli du tanin qu’elles offrent sans dénaturer le profil aromatique. Les élevages sont très longs. Quand il a commencé, le minimum, c’était un an pour les blancs, deux pour les rouges. Maintenant, tous les vins passent au moins deux hivers en cave et il réfléchit à allonger encore ces durées. La cuvée GB par exemple voit un élevage de 3 ans. Bixente aime aussi les oxydatifs; Pour l’instant, rien n’a encore été commercialisé mais…il y a déjà des choses 😉 avec des élevages très long de prévu, au moins 7-8 ans.

le chai du domaine Goienetxea de Bixente indart situé dans la maison familiale plusieurs fois centenaire
Le pont-levis de la maison familiale

À la cave, Bixente reste le plus naturel possible. Il utilise exclusivement des levures indigènes (une pratique pas si courante que ça dans l’appellation) et limite l’usage du soufre au strict minimum. La cuvée GB est totalement sans aucun intrant, sulfite compris et même si Malda et Xingolei sont encore sulfités à dose homéopathique avant la mise, l’objectif est, à terme, de s’en passer totalement.

On a tout pour prendre des risques ici – Bixente Indart

Irouléguy, et le Sud-Ouest en général, offre toutes les conditions pour des vinifications les plus naturelles possibles. Les Mansengs (petit et gros) possèdent, même à maturité, des pH très bas (i.e, une acidité élevée) ce qui rend les moûts moins propices aux déviations. Le Petit Manseng a en plus des peaux très épaisses alors quand on le presse, ça sort beaucoup de polyphénols, même si c’est un blanc. Et ses teneurs en polyphénols justement, et en flavonols en particulier, sont très importantes car elles offrent un puissant pouvoir antioxydant. Et pour Les rouges ? Hé bien c’est pareil. Le Tannat, il affiche une énorme charge tannique, et puis des polyphénols partout. Bixente prend des risques, oui. Il aime ça et il en prendra de plus en plus. Mais calculés. Et les longs élevages qu’il (s’)impose aident à stabiliser le tout

On (me) parle souvent des blancs de Bixente et c’est vrai qu’ils sont impressionnants, oui, et si on ne connaît pas bien Irouléguy, ils frappent, ils éblouissent presque. Éclat, acidité, énergie… ils sont superbes, indiscutablement. Mais le truc, c’est qu’il y a beaucoup d’immenses vins blancs dans la région (entre autres ceux de Xubialdea pour rester en Irouléguy ou ceux du Domaine Lajibe si on élargit au Jurançonnais tout proche) si bien que finalement, la concurrence est (très) élevée. Bixente tient sa place sans aucun souci mais, ils sont « plusieurs à table ». Par contre, en ce qui concerne les rouges, c’est autre chose. Autour de la table, sur cette couleur, il ne reste plus grand monde cette fois. La qualité du tanin, la profondeur de l’aromatique, la pureté, le sanguin…tout transpire le grès de ce coteau, flamboyant, dominant, fièrement dressé, fièrement basque. Et on se dit alors que Bixente est comme son Tannat, installé tout au sommet

À la découverte de Bixente

300 ans. Cela fait 300 ans que la famille Indart façonne ce petit bout de Pays Basque, près de Saint-Étienne-de-Baïgorry. 300 ans à alterner les cultures, partager le terrain entre les brebis et les ceps, toujours sur la même colline. 300 ans, ça laisse le temps de voir passer des hivers parfois un peu longs, des étés écrasants, des printemps arrosés; et des générations entières qui finissent par ressembler au paysage. Dans la famille Indart, l’histoire ne s’est pas toujours écrite grâce à la vigne. Alors oui, c’est le père de Bixente qui, au début des années 80, a planté les vignes telles quelles sont, avec ce duo bien local : Cabernet et Tannat. La vigne, pour lui, c’était du travail agricole parmi d’autres, pas forcément une passion. La passion, Bixente, lui, il est tombé dedans petit. Et il a eu la curiosité de voir ailleurs. Chez Arretxea notamment, une référence d’Irouléguy à l’époque, où il a compris qu’on pouvait tirer de ces pentes bien plus que de simples remorques de raisins livrées à la coopérative

Vue aérienne du village de Saint-Etienne-de-Baigorry, du domaine Bixente Indart, en appellation Irouléguy
Le monde de Bixente en une photo. Les Grès rouge, les terres jaunes ophitiques, Saint-Étienne-de-Baigorry, les prairies, les Pyrénées

300 ans à marcher sur les mêmes terres, ça laisse des traces. Et pas seulement sur les chaussures. Ici, la terre, ce n’est pas une ligne dans un acte notarié, c’est la scène où toute l’histoire familiale s’est jouée.

La Terre, tu la vends une fois, tu la perds pour toujours – Bixente Indart

Quand on est Basque, la Terre se transmet mais ne se vend pas. Quand on y réfléchit, c’est presque autant une chance qu’une contrainte car pour quelqu’un qui voudrait s’installer, trouver quelques rangs de vignes, même s’il est d’ici, ça relève du parcours du combattant. En contre partie, lorsque l’on hérite d’une terre, on se doit d’en prendre soin…Et la vigne, c’est beaucoup de travail. Du coup, l’appellation reste « sous exploitée ». Sur le papier, Irouléguy, c’est mille hectares de terres en appellation mais dans la réalité, seulement deux cent cinquante sont plantés en vigne. Le reste, c’est de l’herbe bien verte et des brebis qui ne demandent ni taille hivernale ni ébourgeonnage de printemps.

vigne de tannat en appellation irouleguy au domaine goeinetxea
Le Tannat au sommet de Xingoleï

Xingolei. C’est le nom du lieu-dit et rien qu’à le prononcer, on sent déjà que c’est un endroit important. Et c’est vrai : tout le vignoble de Bixente se concentre ici, cinq hectares plantés sur un seul coteau. Pas besoin de carte. Depuis le village, on n’a qu’à lever les yeux pour le voir. Spectaculaire. Immense. Et basque jusqu’au bout des cailloux. La pente ? Sèche, raide, un peu traîtresse. Même Bixente et son 4×4, pourtant habitués à ce genre d’acrobaties, peinent à la grimper. J’en ai vu quand même pas mal, des vignes, mais là…En bas, la terre jaune d’ophite, couleur blé mûr, qui nourrit les mansengs, petits et gros, qui finiront dans la cuvée Malda.

L’ophite, une roche magmatique proche du Basalt, marqueur du terroir du blanc Malda
L’ophite, une roche magmatique proche du Basalt, marqueur du terroir du blanc Malda

Au dessus, une bande de forêt qui fait la frontière avec le royaume du rouge. Le rouge du sol déjà, de grès, étincelant, qui tranche dans le vert du paysage. Et puis celui des cépages, avec le cabernet et un peu de tannat à mi-coteau (pour la cuvée Xingolei) et enfin, tout en haut, le tannat de la cuvée GB, trônant comme une sentinelle. Un patchwork de couleur saisissant, très beau. Mais surtout, la sensation qu’il faut se rendre à l’évidence : nous avons face à nous deux grandes unités de terroir qui se rencontrent. Un marqueur géologique de beaucoup de grands terroirs viticoles. Je pense que c’en est un.

Photo en gros plan d’un grès rouge, terroir typique de l’appellation Irouléguy
Le royaume du (grès) rouge

On dit souvent qu’il pleut beaucoup au Pays basque. C’est complètement faux : il y pleut énormément. Irouléguy est même championne de France toutes catégories des régions viticoles. Le total des précipitations tourne autour de 1 600 mm d’eau par an. Le Jurançonnais tout proche ou le Jura, pourtant réputés bien arrosés eux aussi, plafonnent autour de 1 000 ou 1 200 mm/an. Les autres vignobles français, du Rhône à la Loire, font figure de déserts : entre 500 à 900 mm à l’année.

Ha bah ouai mon gars, c’est la guerre ici ! – Bixente Indart

Combinez cette humidité avec la chaleur estivale du Sud-Ouest et vous obtenez un paradis moite pour ce qui est probablement un des ennemis les plus tenaces du vigneron en bio : le mildiou. Cette alternance de pluie et de chaleur, c’est un peu son Club Med à lui. Si l’on ajoute à ça la pente extrême de Xingolei (qui rend très difficiles les traitements), vous avez un bon aperçu de la difficulté à faire pousser du raisin. « C’est une viticulture de combat ici » lui dis-je en souriant pendant que le 4×4 cahute dans la pente. « Ah ouai mon gars, c’est la guerre ici » me répond Bixente du tac au tac en se marrant. C’est sûr, après tout, vaut mieux en rire.

La parcelle de la cuvée Malda, au domaine Goeinetxea de Bixente Indart, en appellation Irouléguy, gros et petit manseng sur ophite
La parcelle de la cuvée Malda

Côté pratiques culturales justement, Bixente s’adapte à son écosystème. Les sols sont travaillés avec parcimonie. Sous le rang, il ne se passe pas grand-chose; enfin si, il passe le rotofil pour éviter de se faire envahir par l’herbe mais pas plus. Entre les rangs, un coup de griffe, histoire de dire et d’ouvrir un peu les sols pour qu’ils respirent. Mais l’herbe, globalement, ici, on s’en fiche un peu, ça n’est pas une problématique comme dans beaucoup de régions; Avec 1 600 mm de pluie par an, la vigne a de quoi boire. Pas de bagarre pour l’eau. Pas de stress hydrique. La vigne est bien : les pieds au frais et la tête au soleil

Le sol (travaillé dans l’inter rang) dans la parcelle Malda.

Les Tannats sont conduits en double baguette. C’est classique pour Irouléguy. La double baguette, au Cabernet, ça lui plait pas plus que ça par contre…Du coup Bixente le taille plus court, avec des coursons. Au final, ça donne une sorte de petit gobelet palissé. Gros axe de travail, Bixente réfléchit à supprimer toutes ses terrasses. Il a déjà fait une partie du boulot et compte replanter dans le sens de la pente. Pour les cépages, il hésite encore. Enfin pas pour les blancs : sur les terres jaunes d’ophites, ce sera du Petit Manseng. Pour les rouges par contre, sur les grès, Bixente se voit bien innover un peu et se laisserai bien tenter par des cépages avec des charges tanniques plus faibles (vous allez me dire, par rapport au Tannat, ça va pas être dur…). Gamay, Trousseau et Poulsard sont dans la short-list pour l’instant. C’est sûr, ça ferait du changement !

Vigne de Tannat conduite en terrasses et enherbées en appellation Irouléguy, au Domaine Goeinetxea
On voit mieux les Terrasses du Tannat sur cette photo

La réception de la vendange se fait dans la maison familiale, via un pont-levis qui est là depuis plus de cent ans et qui permet de charger les raisins à l’étage. Les raisins arrivent en caisses, sont égrappés au-dessus des cuves et y sont déposés par gravité. Le décuvage se fait également sans pompe, sauf en fin d’élevage pour certaines cuvées où Bixente s’autorise à utiliser une pompe lorsqu’il n’a pas le choix. Bixente utilise différents contenants selon les vins : foudres, barriques, demi-muids ou cuves béton. Les blancs passent généralement dans le bois, il aime bien…mais il expérimente aussi l’amphore pour accentuer la pureté. Pour les rouges, c’est la cuve béton qu’il préfère. Il aime le poli du tanin qu’elles offrent sans dénaturer le profil aromatique. Les élevages sont très longs. Quand il a commencé, le minimum, c’était un an pour les blancs, deux pour les rouges. Maintenant, tous les vins passent au moins deux hivers en cave et il réfléchit à allonger encore ces durées. La cuvée GB par exemple voit un élevage de 3 ans. Bixente aime aussi les oxydatifs; Pour l’instant, rien n’a encore été commercialisé mais…il y a déjà des choses 😉 avec des élevages très long de prévu, au moins 7-8 ans.

le chai du domaine Goienetxea de Bixente indart situé dans la maison familiale plusieurs fois centenaire
Le pont-levis de la maison familiale

À la cave, Bixente reste le plus naturel possible. Il utilise exclusivement des levures indigènes (une pratique pas si courante que ça dans l’appellation) et limite l’usage du soufre au strict minimum. La cuvée GB est totalement sans aucun intrant, sulfite compris et même si Malda et Xingolei sont encore sulfités à dose homéopathique avant la mise, l’objectif est, à terme, de s’en passer totalement.

On a tout pour prendre des risques ici – Bixente Indart

Irouléguy, et le Sud-Ouest en général, offre toutes les conditions pour des vinifications les plus naturelles possibles. Les Mansengs (petit et gros) possèdent, même à maturité, des pH très bas (i.e, une acidité élevée) ce qui rend les moûts moins propices aux déviations. Le Petit Manseng a en plus des peaux très épaisses alors quand on le presse, ça sort beaucoup de polyphénols, même si c’est un blanc. Et ses teneurs en polyphénols justement, et en flavonols en particulier, sont très importantes car elles offrent un puissant pouvoir antioxydant. Et pour les rouges ? Hé bien c’est pareil. Le Tannat, il affiche une énorme charge tannique, et puis des polyphénols partout. Bixente prend des risques, oui. Il aime ça et il en prendra de plus en plus. Mais calculés. Et les longs élevages qu’il (s’)impose…aident à stabiliser le tout

On (me) parle souvent des blancs de Bixente et c’est vrai qu’ils sont impressionnants, oui, et si on ne connaît pas bien Irouléguy, ils frappent, ils éblouissent presque. Éclat, acidité, énergie… ils sont superbes, indiscutablement. Mais le truc, c’est qu’il y a beaucoup d’immenses vins blancs dans la région (entre autres ceux de Xubialdea pour rester en Irouléguy ou ceux du Domaine Lajibe si on élargit au Jurançonnais tout proche) si bien que finalement, la concurrence est (très) élevée. Bixente tient sa place sans aucun souci mais, ils sont « plusieurs à table ». Par contre, en ce qui concerne les rouges, c’est autre chose. Autour de la table, sur cette couleur, il ne reste plus grand monde cette fois. La qualité du tanin, la profondeur de l’aromatique, la pureté, le sanguin…tout transpire le grès de ce coteau, flamboyant, dominant, fièrement dressé, fièrement basque. Et on se dit alors que Bixente est comme son Tannat, installé tout au sommet