Julien Mary

Domaine de la Goguette

Julien Mary

Domaine de la Goguette

Julien a toujours été proche de la terre : sa famille est dans l’agriculture et son père fait même du vin (dans une très grosse structure, pas suivant la même philosophie de travail que lui donc). Longtemps, ses parents l’encouragent à faire « autre chose ». Alors, Julien écoute. Après son Bac, il part donc découvrir le monde et voyage beaucoup, s’essaye à d’autres métiers. Il tente de faire « autre chose » mais le problème, c’est qu’il ne sait pas vraiment quoi. Il passera cinq années à (se) chercher et à chaque fois, le retour à la terre se fait sentir. On rencontre sa destinée même sur les chemins qu’on prend pour l’éviter. Alors il décide finalement de se lancer à fond et de faire ce qu’il voulait faire depuis toujours sans se l’avouer : du vin.

2021 est le premier millésime de Julien Mary. Avant cela, il a travaillé cinq ans avec Nicolas Renaud, au Clos des Grillons tout en suivant en parallèle une formation plus théorique avec le CNEAD. Ses vignes sont situées dans le village de Collias, dans le Gard. Un village de 1000 âmes situé sur le fleuve qui donne son nom au département et connu surtout pour deux choses : ses activités de Canoë Kayak (notamment vers le Pont du Gard) et ses terroirs viticoles. Les vignes de Julien sont d’ailleurs situées à moins de 50m du fleuve. Pour autant, les sols ici ne sont pas qu’alluvionnaires et sableux (les sols typiques que l’on retrouve dans les anciens lits de cours d’eau ou aux abords de ceux ci) puisque l’on retrouve également de belles réserves d’argiles (bleues notamment, assez lourdes) et surtout des grès (notamment à ciment calcaire) qui constituent les sols les plus intéressants pour Julien (en tout cas pour le type de vin qu’il recherche)

Julien possède un peu plus de 2 Ha de vignes, avec environ 2/3 de grenache et un 1/3 de Syrah. Le tout est d’un seul tenant, formant un seul ilot au sein duquel l’on peut « découper » trois parcelles différentes, avec notamment des âges de vignes différents. L’âge moyen des grenaches est de 50 ans (avec des plus jeunes et des très vieux) tandis que les syrah affichent 35 années au compteur. Cette dernière est palissée, ce qui rend la parcelle facilement mécanisable tandis que les grenaches sont, de manière très traditionnelle, conduits en gobelets.  

Globalement et pour le résumer en une phrase, l’ensemble de ses pratiques vise à garder de la fraicheur (dans les vignes, puis dans les vins). C’est une problématique majeure, essentielle même dans le contexte des températures actuelles lorsque l’on est vigneron dans le département le plus caniculaire de France (il y a fait 46° à l’ombre en 2019, plus haute température jamais relevée dans l’hexagone). L’axe principal pour conserver de la fraicheur, c’est de ne pas avoir de sols nus (une pratique qui se répand de plus en plus). Les sols ne sont donc pas travaillés (labourés) et Julien conserve ainsi un couvert végétal toute l’année. Cela peut être un couvert naturel ou bien obtenu grâce à des semis d’engrais verts. Il y apporte une attention toute particulière en visant à sélectionner des espèces qui ne captent pas trop d’eau (pour ne pas entrer en concurrence avec la vigne) et/ou qui ont des cycles décalés par rapport à la vigne (elles n’ont pas besoin d’eau au même moment). Le moment venu, le couvert est couché ou se dégrade naturellement, permettant de relarguer de l’azote (d’où sa dénomination d’engrais vert) ainsi que de la matière organique. Un sol nu minéralise plus vite, capte moins bien l’eau (même labouré) et le différentiel de température avec un sol couvert peut atteindre 10°C

Autre exemple pour illustrer cette recherche de fraicheur, Julien ne rogne pas sa vigne de Syrah. il veut garder le maximum de feuillage pour protéger les raisins du soleil. Il essaye aussi de tresser, autant qu’il le peut, les rameaux vers l’Ouest, en formant ainsi une sorte de parasol (pour se protéger du soleil couchant, qui est le pire soleil pour une vigne). Les raisins peuvent déssecher très vite la-bas sous le soleil estival et l’obtention des maturités ne sont jamais un problème dans la région (surtout avec des petits rendements), elles seront toujours obtenues.

Cette recherche de fraicheur voulue par Julien se poursuit une fois les raisins rentrés en cave. Les macérations sont en général très courtes, à « basse » température, avec très peu d’extraction et se déroulent majoritairement en « semi carbo » (vendange entière non foulée mais sans saturation en CO2). De la fraicheur mais du fond. Et du terroir. Des trames tanniques très fines. Un fruit net et éclatant. Très peu voire pas de bois. C’est le style de Julien. Il n’a pas de dogme, notamment en ce qui concerne l’utilisation du soufre, même si l’objectif reste et restera de faire des vins sans sulfite (ajouté). Aucun intrant n’est utilisé, tout fermente en levures indigènes mais Julien cherche en priorité à faire des vins ultra nets, sans « défaut oenologique ». On sent en lui un souci du détail et un perfectionnisme, tendance tatillon ?, mais surtout un vrai questionnement et une remise en question constante. Une démarche salvatrice à mes yeux, dans le monde du vin nature (comme ailleurs d’ailleurs).

Julien vinifie dans un vieux batiment en pierre, objectivement magnifique, situé dans le coeur du village de Collias. Un peu à la mode des chais/brasseries urbain(e)s qui fleurissent dans les grandes villes (Paris, Marseille, Bordeaux) mais dans un village de 1000 âmes ? à la tradition viticole. Ce batiment (historique), Julien a eu bien du mal à le trouver, un vrai coup de « chance ». Peu de temps après son installation, son oncle (agriculteur) lui rend visite et ils se rendent alors compte que ce dernier a habité dans ce même bâtiment 40 ans en arrière lorsqu’il était jeune et qu’il venait faire les saisons dans le coin. Quand je parlais de destin…

Julien a toujours été proche de la terre : sa famille est dans l’agriculture et son père fait même du vin (dans une très grosse structure, pas suivant la même philosophie de travail que lui donc). Longtemps, ses parents l’encouragent à faire « autre chose ». Alors, Julien écoute. Après son Bac, il part donc découvrir le monde et voyage beaucoup, s’essaye à d’autres métiers. Il tente de faire « autre chose » mais le problème, c’est qu’il ne sait pas vraiment quoi. Il passera cinq années à (se) chercher et à chaque fois, le retour à la terre se fait sentir. On rencontre sa destinée même sur les chemins qu’on prend pour l’éviter. Alors il décide finalement de se lancer à fond et de faire ce qu’il voulait faire depuis toujours sans se l’avouer : du vin.

2021 est le premier millésime de Julien Mary. Avant cela, il a travaillé cinq ans avec Nicolas Renaud, au Clos des Grillons tout en suivant en parallèle une formation plus théorique avec le CNEAD. Ses vignes sont situées dans le village de Collias, dans le Gard. Un village de 1000 âmes situé sur le fleuve qui donne son nom au département et connu surtout pour deux choses : ses activités de Canoë Kayak (notamment vers le Pont du Gard) et ses terroirs viticoles. Les vignes de Julien sont d’ailleurs situées à moins de 50m du fleuve. Pour autant, les sols ici ne sont pas qu’alluvionnaires et sableux (les sols typiques que l’on retrouve dans les anciens lits de cours d’eau ou aux abords de ceux ci) puisque l’on retrouve également de belles réserves d’argiles (bleues notamment, assez lourdes) et surtout des grès (notamment à ciment calcaire) qui constituent les sols les plus intéressants pour Julien (en tout cas pour le type de vin qu’il recherche)

Julien possède un peu plus de 2 Ha de vignes, avec environ 2/3 de grenache et un 1/3 de Syrah. Le tout est d’un seul tenant, formant un seul ilot au sein duquel l’on peut « découper » trois parcelles différentes, avec notamment des âges de vignes différents. L’âge moyen des grenaches est de 50 ans (avec des plus jeunes et des très vieux) tandis que les syrah affichent 35 années au compteur. Cette dernière est palissée, ce qui rend la parcelle facilement mécanisable tandis que les grenaches sont, de manière très traditionnelle, conduits en gobelets.  

Globalement et pour le résumer en une phrase, l’ensemble de ses pratiques vise à garder de la fraicheur (dans les vignes, puis dans les vins). C’est une problématique majeure, essentielle même dans le contexte des températures actuelles lorsque l’on est vigneron dans le département le plus caniculaire de France (il y a fait 46° à l’ombre en 2019, plus haute température jamais relevée dans l’hexagone). L’axe principal pour conserver de la fraicheur, c’est de ne pas avoir de sols nus (une pratique qui se répand de plus en plus). Les sols ne sont donc pas travaillés (labourés) et Julien conserve ainsi un couvert végétal toute l’année. Cela peut être un couvert naturel ou bien obtenu grâce à des semis d’engrais verts. Il y apporte une attention toute particulière en visant à sélectionner des espèces qui ne captent pas trop d’eau (pour ne pas entrer en concurrence avec la vigne) et/ou qui ont des cycles décalés par rapport à la vigne (elles n’ont pas besoin d’eau au même moment). Le moment venu, le couvert est couché ou se dégrade naturellement, permettant de relarguer de l’azote (d’où sa dénomination d’engrais vert) ainsi que de la matière organique. Un sol nu minéralise plus vite, capte moins bien l’eau (même labouré) et le différentiel de température avec un sol couvert peut atteindre 10°C

Autre exemple pour illustrer cette recherche de fraicheur, Julien ne rogne pas sa vigne de Syrah. il veut garder le maximum de feuillage pour protéger les raisins du soleil. Il essaye aussi de tresser, autant qu’il le peut, les rameaux vers l’Ouest, en formant ainsi une sorte de parasol (pour se protéger du soleil couchant, qui est le pire soleil pour une vigne). Les raisins peuvent déssecher très vite la-bas sous le soleil estival et l’obtention des maturités ne sont jamais un problème dans la région (surtout avec des petits rendements), elles seront toujours obtenues.

Cette recherche de fraicheur voulue par Julien se poursuit une fois les raisins rentrés en cave. Les macérations sont en général très courtes, à « basse » température, avec très peu d’extraction et se déroulent majoritairement en « semi carbo » (vendange entière non foulée mais sans saturation en CO2). De la fraicheur mais du fond. Et du terroir. Des trames tanniques très fines. Un fruit net et éclatant. Très peu voire pas de bois. C’est le style de Julien. Il n’a pas de dogme, notamment en ce qui concerne l’utilisation du soufre, même si l’objectif reste et restera de faire des vins sans sulfite (ajouté). Aucun intrant n’est utilisé, tout fermente en levures indigènes mais Julien cherche en priorité à faire des vins ultra nets, sans « défaut oenologique ». On sent en lui un souci du détail et un perfectionnisme, tendance tatillon ?, mais surtout un vrai questionnement et une remise en question constante. Une démarche salvatrice à mes yeux, dans le monde du vin nature (comme ailleurs d’ailleurs).

Julien vinifie dans un vieux batiment en pierre, objectivement magnifique, situé dans le coeur du village de Collias. Un peu à la mode des chais/brasseries urbain(e)s qui fleurissent dans les grandes villes (Paris, Marseille, Bordeaux) mais dans un village de 1000 âmes ? à la tradition viticole. Ce batiment (historique), Julien a eu bien du mal à le trouver, un vrai coup de « chance ». Peu de temps après son installation, son oncle (agriculteur) lui rend visite et ils se rendent alors compte que ce dernier a habité dans ce même bâtiment 40 ans en arrière lorsqu’il était jeune et qu’il venait faire les saisons dans le coin. Quand je parlais de destin…