Indiano - Maca Nogara & Charly Gotchac

Indiano - Maca Nogara & Charly Gotchac

Le domaine en quelques mots

Bienvenue dans la Sierra de Gredos, à environ une heure à l’Ouest de Madrid, « la » région qui bouge en Espagne depuis que Comando G a montré qu’on pouvait faire des grands vins avec ces vieux Grenaches d’altitude. Derrière le domaine Indiano, qui fait partie des derniers arrivés dans le coin, se trouve un couple : Maca Nogara, argentine, qui a passé une dizaine d’années chez Riccitelli, l’un des plus grands domaines de Mendoza, et Charly Gotchac, un français lui, passé par chez Vacheron, Roulot et le Château Cheval Blanc. C’est finalement chez Cheval des Andes, la « filiale » de Cheval Blanc en Argentine, que les deux se rencontrent. Depuis 2024, ils travaillent des vieilles vignes de Grenache dans la Sierra de Gredos donc, sur des sols de granit qui grimpent jusqu’à 1 000 mètres d’altitude. C’est le tout début d’une aventure qui s’annonce prometteuse, en tout cas à mes yeux (et si vous faites plus confiance à James Suckling, il a déjà classé une de leurs cuvées dans la liste des 100 meilleurs vins de la péninsule ibérique)

Qui vivra, Sierra

Faire traverser l’Atlantique à une cuve béton, ça n’est pas le genre de projet qui viendrait à l’idée de tout le monde. Alors oui, c’est une cuve bien spécifique, d’un fabricant bien particulier et de forme ovoïde notamment, mais aujourd’hui, ce genre de cuve peut quand même se trouver facilement, sans avoir à lui faire franchir un océan. Maca Nogara et Charly Gotchac ont pourtant décidé de le faire. Pourquoi? Parce que Maca, pendant une petite dizaine d’années passées au domaine Riccitelli à Mendoza, un des plus grands domaines argentins, a travaillé avec cette exacte marque de cuve béton et elle a fini par ne plus vouloir s’en passer. Alors quand il a fallu équiper son chai à Cebreros, en pleine Sierra de Gredos, à plus de 10 000 km de là, la question s’est posée…mais finalement pas longtemps. La cuve est venue. Alors oui, c’est un détail évidemment. Mais, ça en dit finalement beaucoup sur le couple et sur leur philosophie. Le souci du détail justement. Parce que le grand vin, c’est ça. Une somme de détails.

Charly Gotchac est français. Avant l’Espagne, il y a eu une année au domaine Vacheron à Sancerre, puis un passage au domaine Roulot en Bourgogne, et aussi un petit tour dans le Bordelais, sa région d’origine, à Saint-Émilion au Chateau Cheval Blanc. Et puis il y a surtout eu un séjour en Argentine, à Cheval des Andes, la structure née de l’association entre Cheval Blanc justement et Terrazas de los Andes. C’est là qu’il rencontre Maca. Elle, elle est argentine, elle était maitre de chai chez Riccitelli et elle aime les cuves béton ovoïdes (mais ça, vous le savez déjà). Deux personnes nées pratiquement aux antipodes l’une de l’autre, que le vin finit par faire se rencontrer et qui finissent par tout abandonner pour monter un domaine dans les montagnes espagnoles. Il y a des chemins de vie plus prévisibles… mais aussi moins intéressants.

 

– Mais alors justement, pourquoi la Sierra de Gredos? –

 

Hé bien parce que c’est une des régions les plus captivantes et dynamiques d’Espagne! Mais ça n’a pas toujours était de tout repos…À partir du XVIe siècle et jusqu’à début 1900 en gros, la région est extrêmement réputée et prospère. Les vins alimentent la capitale Madrilène, située à 60km à vol d’oiseau de Cebreros, les surfaces plantées et cultivées sont importantes et augmentent de manière constante. Le phylloxéra (tardif là-bas, dû à la nature des sols, on y reviendra), l’exode rural des années 1950-70 et une campagne d’arrachage subventionnée dans les années 80 finiront par marquer l’effondrement de cette région viticole pourtant jadis dominante. Certaines communes perdent jusqu’à 90% de leur patrimoine viticole et ce qui reste ne survit non pas par rentabilité mais uniquement par attachement familial: certains anciens conservent leurs petites parcelles mais c’est tout. D’ailleurs, aujourd’hui, le parcellaire reste très morcellé dans la région (pour les vieilles vignes évidemment) et Maca et Charly possèdent d’ailleurs plus de 35 parcelles pour une surface totale de 15 hectares. La région renait finalement dans les années 2000, notamment sous l’impact de Telmo Rodriguez mais surtout du collectif Comando G, qui a clairement mis les vins de la Sierra de Gredos sur la carte, dans les caves et sur les tables étoilées du monde entier. Malgré tout, le cheminement est lent, et encore long: Cebreros n’a obtenu sa D.O.P (l’équivalent de l’AOC/AOP chez nous) que très récemment, en 2017 (et même définitivement adoptée par Bruxelles seulement en 2019).

 

– 80 kilomètres –

 

Indiano, c’est donc 15 hectares de vignes, mais, je vous le disais, dispersés comme de la petite monnaie. Le parcellaire est extrêmement morcelé, avec des parcelles qui font souvent 30 ou 40 ares. Des mouchoirs de poche. Elles ont toutes un dénominateur commun, l’altitude, autour de 1000m à peu près partout. Par contre, elles se répartissent assez largement sur l’ensemble de « l’aire d’appellation », qui se compose de deux grands versants. Le point névralgique du domaine se trouve à Cebreros et c’est notamment là où se trouve le chai ; Maca et Charly ont également des parcelles dans le village de El Barraco, qui est sur le versant Nord ainsi que des vignes sur San Esteban del Valle, qui lui est sur le versant Sud. Résultat, entre les deux parcelles les plus éloignées composant leur cuvée Garnacha, il y a pratiquement 80 kilomètres! Oui, ça ressemble à un cauchemar logistique mais en réalité, c’est l’âme du projet. Garnacha n’est pas censée raconter une parcelle, ni un village : elle raconte la Sierra en entier, avec ses contrastes. Les parcelles de San Esteban, à l’ouest, donnent des jus très fruités. Cebreros, plus chaud, apporte la carrure et des tanins fermes. El Barraco, avec son exposition nord et son altitude, apporte l’acidité. Chaque zone est vendangée et vinifiée à part avant l’assemblage.

L’autre point commun de ce chapelet de parcelles courant le long de ces deux versants, c’est le granite. 95% du parcellaire d’Indiano repose sur granite. C’est la roche signature du secteur, largement décomposée, presque sableuse en surface. Ce sont des arènes granitiques, appelées aussi sablón localement. Ces arenas graniticas présentent une texture sableuse grossière donc, un drainage très important, des pH acides et un faible taux de matière organique. Un ensemble de caractéristiques qui a permis la survie d’un nombre certains de vignes en franc de pied (le sable est hostile au phylloxera) et qui rapproche les sols de Gredos de certains sols du Beaujolais. Le gore beaujolais et l’arena granítica de Gredos sont, chimiquement et texturalement, des cousins directs. Une exception à noter, même si les sols de Gredos présentent une remarquable homogénéité géologique, il existe tout de même quelques poches métamorphiques d’ardoise et de schistes, notamment autour de Cebreros et d’El Tiemblo (le lieu-dit Arrebatacapas en est l’exemple parfait). Le domaine Indiano possède une poignée de parcelles avec ce profil.

En ce qui concerne les densités de plantation, elles sont historiquement faibles, autour de 2500 pieds/hectare. La concurrence pour l’eau est une problématique à ces latitudes, une faible densité permet à chaque cep d’avoir « plus de terre » pour lui tout seul. Dans la même dynamique, pour gérer l’herbe, Maca et Charly jouent volontiers du rotofil et les sols sont travaillés (piochés). Avec délicatesse, pour ne pas perturber les horizons de sol, mais avec dévotion. En revanche, cette eau qui peut se faire rare a tout de même un avantage : la lutte contre le mildiou n’est pas ici un enjeu majeur. En général, le couple ne fait pas plus de 3 ou 4 traitements par an (en produits de contact uniquement, autorisés en bio) là où dans certaines régions françaises, on peut facilement dépasser la douzaine.

 

– Le Mille-Feuille –

 

À la cave, Maca aime vinifier en cuve béton ovoïde (vous n’étiez pas au courant? 😅) mais pas seulement. Le couple utilise aussi des amphores, que ce soit pour des macérations ou pour les élevages ainsi que du bois, préférentiellement en gros contenants. Le couple joue volontiers avec la vendange entière, rarement intégralement mais généralement autour de 50%, avec la méthode du « mille-feuille » (une couche égrappé, une couche non). Aucun jus n’est levuré et globalement, ils aiment bien « expérimenter » un peu avec par exemple des macérations assez longues (plusieurs mois) mêlant rouge et blanc, comme pour leur Clarete ou jouer avec l’oxydation et le voile, comme pour leur unique cuvée de blanc à base d’Albillo Real, un cépage historique quasiment introuvable hors d’Espagne (à ne pas confondre avec l’Albillo Mayor de la Ribera del Duero, génétiquement distinct). Les vins sont mis en masse quelques semaines avant mise en bouteille et légèrement protégés par des doses de sulfites raisonnables (autour de 30-40 mg/L de total).

Portrait des vignerons Maca et Charles (Charly) Gotchac, vignerons au domaine Indiano, dans la Sierra de Gredos, espagne

Il faut quand même se rappeler où l’on est. Ni en Rioja, ni dans la Ribera del Duero, ni dans le Priorat. La DOP Cebreros existe depuis moins de 10 ans et si les vins de Gredos ont trouvé des aficionados, cela reste tout de même confidentiel pour le « grand public ». Tout est à faire de ce côté-là. Alors on n’hésite pas à faire venir une cuve d’Argentine, on va piocher ci et là des parcelles coups de cœur et tant pis si quatre-vingt kilomètres les séparent , on grimpe travailler à la main des terrasses de vignes centenaires à mille mètres d’altitude. Je parlais de détails au début mais en fait, ça ressemble plus à une obsession. Celle du grand vin. Du vin de lieu en tout cas, celui qui raconte d’où il vient. Cela pousse à faire des sacrifices. Personne n’a jamais fait un grand vin en cherchant le chemin le plus rentable, ni le plus facile.

Faire traverser l’Atlantique à une cuve béton, ça n’est pas le genre de projet qui viendrait à l’idée de tout le monde. Alors oui, c’est une cuve bien spécifique, d’un fabricant bien particulier et de forme ovoïde notamment, mais aujourd’hui, ce genre de cuve peut quand même se trouver facilement, sans avoir à lui faire franchir un océan. Maca Nogara et Charly Gotchac ont pourtant décidé de le faire.

Pourquoi? Parce que Maca, pendant une petite dizaine d’années passées au domaine Riccitelli à Mendoza, un des plus grands domaines argentins, a travaillé avec cette exacte marque de cuve béton et elle a fini par ne plus vouloir s’en passer. Alors quand il a fallu équiper son chai à Cebreros, en pleine Sierra de Gredos, à plus de 10 000 km de là, la question s’est posée…mais finalement pas longtemps. La cuve est venue.

Alors oui, c’est un détail évidemment. Mais, ça en dit finalement beaucoup sur le couple et sur leur philosophie. Le souci du détail justement. Parce que le grand vin, c’est ça. Une somme de détails.

maca dans une parcelle de vigne du domaine indiano, charly gotchac et maca nogara, sierra de gredos, D.O.P Cebreros, Espagne, 1000m d’altitude

Charly Gotchac est français. Avant l’Espagne, il y a eu une année au domaine Vacheron à Sancerre, puis un passage au domaine Roulot en Bourgogne, et aussi un petit tour dans le Bordelais, sa région d’origine, à Saint-Émilion au Chateau Cheval Blanc. Et puis il y a surtout eu un séjour en Argentine, à Cheval des Andes, la structure née de l’association entre Cheval Blanc justement et Terrazas de los Andes. C’est là qu’il rencontre Maca.

Elle, elle est argentine, elle était maitre de chai chez Riccitelli et elle aime les cuves béton ovoïdes (mais ça, vous le savez déjà). Deux personnes nées pratiquement aux antipodes l’une de l’autre, que le vin finit par faire se rencontrer et qui finissent par tout abandonner pour monter un domaine dans les montagnes espagnoles. Il y a des chemins de vie plus prévisibles… mais aussi moins intéressants.

 

– Mais alors justement, pourquoi la Sierra de Gredos? –

 

Hé bien parce que c’est une des régions les plus captivantes et dynamiques d’Espagne! Mais ça n’a pas toujours était de tout repos…À partir du XVIe siècle et jusqu’à début 1900 en gros, la région est extrêmement réputée et prospère. Les vins alimentent la capitale Madrilène, située à 60km à vol d’oiseau de Cebreros, les surfaces plantées et cultivées sont importantes et augmentent de manière constante.

Le phylloxéra (tardif là-bas, dû à la nature des sols, on y reviendra), l’exode rural des années 1950-70 et une campagne d’arrachage subventionnée dans les années 80 finiront par marquer l’effondrement de cette région viticole pourtant jadis dominante. Certaines communes perdent jusqu’à 90% de leur patrimoine viticole et ce qui reste ne survit non pas par rentabilité mais uniquement par attachement familial: certains anciens conservent leurs petites parcelles mais c’est tout.

vue aérienne d’une parcelle de vigne en terrasse du domaine indiano, charly gotchac et maca nogara, sierra de gredos, D.O.P Cebreros, Espagne, 1000m d’altitude

D’ailleurs, aujourd’hui, le parcellaire reste très morcellé dans la région (pour les vieilles vignes évidemment) et Maca et Charly possèdent d’ailleurs plus de 35 parcelles pour une surface totale de 15 hectares. La région renait finalement dans les années 2000, notamment sous l’impact de Telmo Rodriguez mais surtout du collectif Comando G, qui a clairement mis les vins de la Sierra de Gredos sur la carte, dans les caves et sur les tables étoilées du monde entier.

Malgré tout, le cheminement est lent, et encore long: Cebreros n’a obtenu sa D.O.P (l’équivalent de l’AOC/AOP chez nous) que très récemment, en 2017 (et même définitivement adoptée par Bruxelles seulement en 2019).

– 80 kilomètres –

 

Indiano, c’est donc 15 hectares de vignes, mais, je vous le disais, dispersés comme de la petite monnaie. Le parcellaire est extrêmement morcelé, avec des parcelles qui font souvent 30 ou 40 ares. Des mouchoirs de poche. Elles ont toutes un dénominateur commun, l’altitude, autour de 1000m à peu près partout.

Par contre, elles se répartissent assez largement sur l’ensemble de « l’aire d’appellation », qui se compose de deux grands versants. Le point névralgique du domaine se trouve à Cebreros et c’est notamment là où se trouve le chai ; Maca et Charly ont également des parcelles dans le village de El Barraco, qui est sur le versant Nord ainsi que des vignes sur San Esteban del Valle, qui lui est sur le versant Sud. Résultat, entre les deux parcelles les plus éloignées composant leur cuvée Garnacha, il y a pratiquement 80 kilomètres!

Oui, ça ressemble à un cauchemar logistique mais en réalité, c’est l’âme du projet. Garnacha n’est pas censée raconter une parcelle, ni un village : elle raconte la Sierra en entier, avec ses contrastes. Les parcelles de San Esteban, à l’ouest, donnent des jus très fruités. Cebreros, plus chaud, apporte la carrure et des tanins fermes. El Barraco, avec son exposition nord et son altitude, apporte l’acidité. Chaque zone est vendangée et vinifiée à part avant l’assemblage.

vieilles parcelle de vigne de Grenache du domaine indiano, charly gotchac et maca nogara, sierra de gredos, D.O.P Cebreros, Espagne, 1000m d’altitude

L’autre point commun de ce chapelet de parcelles courant le long de ces deux versants, c’est le granite. 95% du parcellaire d’Indiano repose sur granite. C’est la roche signature du secteur, largement décomposée, presque sableuse en surface.

Ce sont des arènes granitiques, appelées aussi sablón localement. Ces arenas graniticas présentent une texture sableuse grossière donc, un drainage très important, des pH acides et un faible taux de matière organique. Un ensemble de caractéristiques qui a permis la survie d’un nombre certains de vignes en franc de pied (le sable est hostile au phylloxera) et qui rapproche les sols de Gredos de certains sols du Beaujolais. Le gore beaujolais et l’arena granítica de Gredos sont, chimiquement et texturalement, des cousins directs.

Une exception à noter, meme si les sols de Gredos présentent une remarquable homogénéité géologique, il existe tout de même quelques poches métamorphiques d’ardoise et de schistes, notamment autour de Cebreros et d’El Tiemblo (le lieu-dit Arrebatacapas en est l’exemple parfait). Le domaine Indiano possède une poignée de parcelles avec ce profil.

vue du ciel du parcelle du domaine indiano, charly gotchac et maca nogara, sierra de gredos, D.O.P Cebreros, Espagne

En ce qui concerne les densités de plantation, elles sont historiquement faibles, autour de 2500 pieds/hectare. La concurrence pour l’eau est une problématique à ces latitudes, une faible densité permet à chaque cep d’avoir « plus de terre » pour lui tout seul.

Dans la même dynamique, pour gérer l’herbe, Maca et Charly jouent volontiers du rotofil et les sols sont travaillés (piochés). Avec délicatesse, pour ne pas perturber les horizons de sol, mais avec dévotion. En revanche, cette eau qui peut se faire rare a tout de même un avantage : la lutte contre le mildiou n’est pas ici un enjeu majeur. En général, le couple ne fait pas plus de 3 ou 4 traitements par an (en produits de contact uniquement, autorisés en bio) là où dans certaines régions françaises, on peut facilement dépasser la douzaine.

– Le Mille-Feuille –

 

À la cave, Maca aime vinifier en cuve béton ovoïde (vous n’étiez pas au courant? 😅) mais pas seulement. Le couple utilise aussi des amphores, que ce soit pour des macérations ou pour les élevages ainsi que du bois, préférentiellement en gros contenants. Le couple joue volontiers avec la vendange entière, rarement intégralement mais généralement autour de 50%, avec la méthode du « mille-feuille » (une couche égrappé, une couche non).

Aucun jus n’est levuré et globalement, ils aiment bien « expérimenter » un peu avec par exemple des macérations assez longues (plusieurs mois) mêlant rouge et blanc, comme pour leur Clarete ou jouer avec l’oxydation et le voile, comme pour leur unique cuvée de blanc à base d’Albillo Real, un cépage historique quasiment introuvable hors d’Espagne (à ne pas confondre avec l’Albillo Mayor de la Ribera del Duero, génétiquement distinct).

Les vins sont mis en masse quelques semaines avant mise en bouteille et légèrement protégés par des doses de sulfites raisonnables (autour de 30-40 mg/L de total).

Cep de Grenache noir centenaire du domaine indiano, charly gotchac et maca nogara, sierra de gredos, D.O.P Cebreros, Espagne, 1000m d’altitude

Il faut quand même se rappeler où l’on est. Ni en Rioja, ni dans la Ribera del Duero, ni dans le Priorat. La DOP Cebreros existe depuis moins de 10 ans et si les vins de Gredos ont trouvé des aficionados, cela reste tout de même confidentiel pour le « grand public ». Tout est à faire de ce côté-là.

Alors on n’hésite pas à faire venir une cuve d’Argentine, on va piocher ci et là des parcelles coups de cœur et tant pis si quatre-vingt kilomètres les séparent , on grimpe travailler à la main des terrasses de vignes centenaires à mille mètres d’altitude.

Je parlais de détails au début mais en fait, ça ressemble plus à une obsession. Celle du grand vin. Du vin de lieu en tout cas, celui qui raconte d’où il vient. Cela pousse à faire des sacrifices. Personne n’a jamais fait un grand vin en cherchant le chemin le plus rentable, ni le plus facile.

Portrait des vignerons Maca et Charles (Charly) Gotchac, vignerons au domaine Indiano, dans la Sierra de Gredos, espagne