Philippe Garrey

Mercurey

Philippe Garrey

Mercurey

Présentation

Philippe Garrey est installé sur la commune de Saint Martin de Montaigu, en appellation Mercurey. Et ce n’est pas vraiment un village qu’il a choisi par hasard. En fait, sa famille est installée ici depuis plus de 200 ans. Des écrits retracent que ses ancêtres étaient déjà métayers dans le village au moment de la Révolution. Ils y étaient très probablement même bien avant cela mais les archives d’avant 1789 ont disparu (comme souvent). C’est l’arrière grand père de Philippe qui a été le premier à abandonner la polyculture et à se consacrer exclusivement à la vigne.

Philippe, lui, arrive en 2005, pour prendre la suite de son père. Très vite, il entame la conversion du domaine en biodynamie, une pratique rare pour l’époque, et encore plus dans la région. Le domaine obtient sa certification par Demeter en 2010, et encore aujourd’hui, Philippe demeure un des seuls vignerons “en BioD” de toute la côte chalonnaise.

Les vins de Philippe sont pendant longtemps restés assez confidentiels et absents des différents “guides” et autres classements (bien qu’ils viennent de rentrer dans le Bettane, avec de très belles notes d’ailleurs). Pour autant, les vins sont reconnus des professionnels et présents depuis plusieurs années sur les plus belles tables de France, avec notamment une liste de restaurants 2 et 3 étoiles longue comme le bras : Pierre Gagnaire, Alain Passard, Tour d’Argent, l’Astrance…

Les Vignes

Comme tous les domaines présents sur Buveur de vin, celui de Philippe Garrey est à taille humaine puisque la surface de vigne est de l’ordre de 5 hectares, dont environ un hectare de blanc. Une partie des vignes (un demi hectare de chardonnay, dans le Clos des Boilles) vient d’être plantée et n’est donc pas encore en production.

La nouvelle plantation du Clos des Boilles

Hormis cette vigne du Clos des Boilles, l’ensemble des parcelles se situe en appellation Mercurey et la très grande majorité se situe sur la commune de Saint Martin de Montaigu, au Sud de l’appellation. Philippe possède notamment des vignes dans les premiers crus “historiques”, le finage de l’appellation ayant été ensuite largement remodelé à la fin des année 80 (avec beaucoup de climats promus en premier cru). L’un de ces premiers crus historiques est le clos de Montaigu (ou des Montaigus)

La parcelle de Philippe dans les Montaigus

Philippe possède ici environ 80 ares de vignes, en plein coeur du climat, plantés en 1959. Ce n’est pas une parcelle “de famille”, Philippe l’a acheté en 2007. L’exposition est Sud / Sud Est et le sol est à dominante calcaire, mais avec quand même une présence d’argile. C’est réellement un des meilleurs terroirs de l’appellation, à la fois en terme de sol, d’exposition et d’altitude (entre 270 et 300m). La dernière étude géo-pédologique de l’AOC (en 2008) a d’ailleurs mis en avant la très grande qualité de ce climat, qui pourrait être un des trois à revendiquer un futur classement en Grand Cru ( avec Le Clos des Barraults et La Mission). Philippe isole bien évidemment les raisins issus de cette parcelle dans sa cuvée Clos de Montaigu 1er Cru (disponible ici)

Devant le Premier Cru La Chassière

Philippe possède 3 premiers crus différents en tout. Le second s’appelle La Chassière. C’est sa plus grande parcelle, un tout petit peu plus d’un hectare. La moitié appartenait a sa famille, il a racheté l’autre moitié en 2012. Les vignes ont une soixantaine d’années. Une grosse campagne de remplacement de manquant dans la parcelle rachetée (environ 50% des ceps) a eu lieu dès sa reprise en main. Une partie des vignes est donc plus jeune, mais le matériel végétal y est de super qualité et l’implantation meilleure.

L'entrée de La Chassière

Le sol est ici argilo calcaire, comme dans Les Montaigus, mais avec un peu moins d’argile. L’exposition est elle aussi similaire aux Montaigus, La Chassière étant en fait située “en dessous” de ce dernier, pour une altitude comprise entre 235 et 260m. L’ensemble des raisins de cette parcelle forme une seule cuvée, le 1er Cru Mercurey La Chassière (à retrouver ici)

Le sol (travaillé) dans le climat La Chassière

La dernière parcelle en premier Cru que possède Philippe Garrey est située dans le coeur du village de Saint Martin de Montaigu. C’est Le Clos du paradis. 2400 m2 seulement, un petit jardin, magnifique, en plein du coeur du climat. C’est une vigne de famille, d’une soixantaine d’année elle aussi.

Le Clos du Paradis, qui porte bien son nom...

Le sol est léger Au Paradis, très facile à travailler. C’est celui qui contient le moins d’argile et le plus de sable parmi les 3 premiers crus. “C’est du beurre”, me dira Philippe. Une caractéristique qui se retrouve dans le vin je trouve, Le Clos du Paradis ayant toujours une trame hyper délicate (une cuvée à retrouver ici)

Le Clos du Paradis, on ne s'en lasse pas...

Vignes et vins sont certifiés “Bio” par Ecocert et Biodynamie par Demeter depuis près de 10 ans. C’est une garantie (notamment la certification BioD par Demeter) que les vignes ne reçoivent ni produit systémique ni désherbant et que les vins sont faits sans intrant (hormis un peu de soufre, à doses controlées). En ce qui concerne les pratiques culturales, Philippe laisse les sols enherbés pour l’hiver.

Joli couvert végétal dans Le Clos du Paradis

Au printemps, Philippe passe un coup de griffe mais quoiqu’il arrive, le travail des sols reste toujours superficiel, sur une profondeur de quelques centimètres seulement, ce qui est suffisant pour lutter contre l’herbe mais pas assez pour dégrader les différents horizons de sols et perturber l’équilibre des 15 premiers centimètres. Ces premiers centimètres sont cruciaux dans les apports en nutriments à la vigne. Philippe se bat pour qu’il y ait de la vie et de la diversité dans ces premiers centimètres de sol (par l’utilisation de la biodynamie notamment), ce n’est pas pour tout perturber en passant un coup de charrue profond. Un mode de pensée encore très peu répandu parmi les vignerons, mais qui commence à faire doucement son chemin…Il arrive parfois que l’herbe devienne trop haute, ou dense, dans ce cas Philippe n’hésite pas à passer la tondeuse ou la débroussailleuse avant de passer la griffe. Il lui arrive également de semer des engrais verts, en général à l’automne, pour protéger les sols de l’érosion et pour avoir une réserve naturelle d’azote à enfouir au printemps.

Chez Philippe, il y a de la vie dans les sols ! (ici, à La Chassière)

De la vigne au vin

Comme dit précédemment, le domaine est en certification biodynamique par Demeter, un label qui, à la vigne comme à la cave, ne laisse aucune place à l’utilisation de nombre de substances diverses et variées utilisées par certains. Seul du raisin et un peu de sulfites en protection ont donc droit de citer dans les cuves. Le travail en cave s’en trouve en général assez simplifié pour le coup, le très gros du boulot consistant à rentrer des raisins sains.

Toutes les vinifications se déroulent en cuve inox. Philippe possède un joli parc de cuves puisqu’il vinifie toujours de manière parcellaire, chaque parcelle ayant sa cuve, sans exception. Les vinifications sont ainsi plus précises, et totalement adaptées à la matière première. Philippe utilise (pratiquement) toujours une partie de vendanges entières, qui varie entre 50% et 100%, suivant les parcelles et les millésimes. Seule exception, 2016, où l’intégralité de la vendange a été égrappée. Les cuvaisons sont assez longues, une trentaine de jours en général mais les extractions toujours douces. Philippe ne cherche pas à obtenir des couleurs soutenues ou de grosses structures tanniques, il aime le pinot sur la finesse (mais sans maigreur!)

Vinification parcellaire en cuve inox.

Tous les vins (tous les rouges je devrais dire, je vais y revenir) sont élevés en barriques bourguignonnes. Philippe se fournit pratiquement exclusivement à la tonnellerie de Mercurey. Ils travaillent ensemble depuis longtemps et ont beaucoup collaboré pour trouver les chauffes, les essences de bois et les durées de séchage qui conviennent le mieux au style que Philippe souhaite imprimer à ses vins. La chauffe qu’il utilise le plus est une chauffe ultra-légère et le taux de barriques neuves ne dépasse pas les 10%. Un ratio qui permet d’assurer un bon renouvellement du parc au fil des ans sans marquer les vins avec un élevage trop appuyé.

La belle cave enterrée de Philippe Garrey

Les vins restent en barriques en général pendant deux hivers pour être mis en bouteille en Février, soit environ 15 mois d’élevage. Philippe expérimente depuis peu de nouveaux contenants, des Clayvers. Ce sont des cuves en céramique cuites à haute température (des grès donc), d’une contenance de 250L. C’est un contenant beaucoup moins poreux qu’une amphore mais en même temps, qui permet quand même des échanges d’oxygène avec le milieu extérieur. Les principales différences avec une barrique résident dans le taux d’échange gazeux justement, qui est environ 4 fois inférieur à celui d’une barrique neuve mais surtout dans le fait que contrairement au bois, aucune substance aromatique n’est cédée au vin. Philippe en possède seulement deux pour le moment. L’essai sur les rouges ne l’a pas convaincu plus que ça mais pour les blancs, il trouve ça très bien et envisage d’en acheter d’autres.

Des Clayvers, des cuves en céramique, utilisées pour l'élevage des blancs.

Les vins de Philippe Garrey actuellement à la vente