Nicolas Grosbois

Chinon

Nicolas Grosbois

Chinon

portrait-nicolas-grosbois-vigneron-chinon

Présentation

Il faut dire les choses comme elles sont, Nicolas Grosbois est toujours en mouvement. Cela commence dès le début de sa carrière professionnelle. Il est né en Touraine, ses parents y sont vignerons mais lui part faire ses études à Beaune. Un BTS vini-oeno, qu’il obtient en 1997.

Il pourrait alors revenir chez lui, à Panzoult et travailler la vigne avec ses parents. Un joli terroir qu’il connait bien. Mais non, les voyages forment la jeunesse dit-on et Nicolas prend le dicton au pied de la lettre. Il part, donc, d’abord tout près, à Saumur puis rapidement, plus loin, dans le Sud de la France. C’est bien, mais pas suffisant. Non, ce qu’il veut, c’est découvrir de nouvelles choses et pour cela, il faut partir. Partir vraiment.

Il se lance alors dans un tour du monde des nouveaux grands pays viticoles : Les États-Unis (en Oregon), le Chili, la Nouvelle-Zélande (chez Pégasus Bay) et l’Australie. Quatres pays, 3 continents et presque dix ans d’expérience ultra enrichissante.

En 2006, il finit par rentrer à la “maison”, sur le domaine familial. A partir de 2008, ses parents partent à la retraite et il prend donc totalement les rênes du domaine.

Aujourd’hui, Nicolas Grosbois voyage beaucoup moins, il est bien installé chez lui mais il continue sans cesse d’avoir de nouveaux projets. Il a notamment repris récemment, avec un associé, le domaine des Haut Baigneux, à Azay le Rideau.

En avril 2016, une terrible nuit de gel le contraint à reprendre son “bâton de pèlerin”. 80% de la future récolte est détruite et Nicolas doit trouver du raisin pour maintenir son domaine à flot. Il repart donc et c’est à Gaillac qu’il trouve son bonheur, chez un viticulteur en bio d’où naitra une nouvelle cuvée (La Cousine de ma Mère) mais surtout une nouvelle aventure. Nicolas Grosbois n’a pas trouvé là-bas que du raisin, il a surtout trouvé un nouveau terrain de jeu. Et l’on peut parier que l’aventure n’est pas finie…

Terroirs et pratiques culturales

La propriété familiale de Nicolas Grosbois se situe donc entre les villages de Panzoult et Cravant-les-Coteaux. C’est là que se trouve l’essentiel des vignes, regroupé autour de la bâtisse historique, située à côté du Château du Pressoir.

Le domaine est en agriculture biologique, certifié par l’organisme Ecocert depuis le millésime 2012. Nicolas travaille en polyculture. En plus de ses vignes, il possède une trentaine d’hectares de céréales et de prairies, ainsi que quelques vaches.

Les vignes se répartissent en deux grands îlots principaux, donnant autant de cuvées. Les sols y sont travaillés et désherbés mécaniquement. Nicolas est aujourd’hui un des seuls dans l’appellation Chinon à ne pas laisser de couvert végétal, un vrai parti pris qu’il revendique (les appellations voisines de Bourgueil et Saint Nicolas imposent un enherbement partiel d’au moins un rang sur deux, mais ce n’est pas le cas de l’appellation Chinon).

Des sols travaillés sur et sous le rang et aucun enherbement. Une pratique rare aujourd'hui à Chinon.

Le premier ilot, d’environ 6,5 hectares, est situé sur un coteau en pente douce dont l’altitude varie entre 65 et 40 mètres. Orienté plein Sud, il fait face à La Vienne. Le cabernet franc y est roi (Nicolas n’a pas d’autres cépages sur le domaine). Ce terroir propose une variété assez importante de sols. Leur dénominateur commun est leur âge géologique puisque tous sont composés de colluvions et d’alluvions et datent donc du quaternaire. Ce qui les différencie, c’est leurs teneurs en argile et en calcaire. Pour schématiser, le haut du coteau est une zone colluvionnaire riche en calcaire et constituée donc de dépôts issus du site (ces dépots ont subi un faible transport). Plus on se rapproche du bas de pente, plus la teneur en argile augmente. Le bas de pente est essentiellement composé d’alluvions anciennes argileuses, déposées par La Vienne (des varennes lourdes, comme on les appelle dans le coin). L’âge des vignes oscille entre vingt et plus de soixante ans au sein des différentes “parcelles” de l’îlot. Les raisins qui en sont issus sont à l’origine de la cuvée Gabare.

vue de la parcelle donnant la cuvée gabare, nicolas grosbois, vigneron en appellation chinon
Vue depuis le milieu du coteau, le chai est en arrière plan
vue de la parcelle donnant la cuvée Gabare, nicolas grosbois, vigneron en appellation chinon
l'îlot dans son ensemble, vu depuis le chai. La Vienne coule au loin

Le deuxième îlot est en fait le Clos du Noyer, qui donne la cuvée éponyme du domaine. Il n’est pas ceint de murs donc ce n’est pas un “clos” au sens strict du terme mais Nicolas Grosbois n’a pas de voisin sur cette parcelle. Elle est située sur le haut du coteau, entre 75 et 60 mètres d’altitude. Le haut est bordé par une forêt et en bas, une route le sépare du haut de l’îlot “Gabare“. La majorité des vignes (de cabernet franc donc) ont une soixantaine d’années et sont plantées perpendiculairement à la pente. La superficie est d’un peu plus d’un hectare.

Vue depuis le haut du coteau. Le Clos du Noyer est au premier plan, le gros noyer qui donne son nom à la parcelle au milieu de l'image et dans le fond, l'îlot de la cuvée Gabare
Parcelle gabare et clos du noyer, le noyer est sur la droite, au domaine nicolas grosbois, en appellation chinon
La même vue mais depuis le milieu de coteau, au premier plan les vignes de "Gabare" puis le Clos du Noyer. La foret du haut de coteau est bien visible

Le sol est assez classique, des sables limoneux, assez profond (environ un mètre) mais en dessous, on retrouve la roche calcaire. C’est un sous sol de roche crayeuse, de tuffeau jaune du Turonien. On retrouve beaucoup de sols assez similaires sur les hauts de coteaux à Panzoult et Cravant. Cependant, beaucoup ne présentent pas cette roche de craie mais des altérations de cette roche calcaire, très tendre et qui s’effrite ou éclate donc assez facilement. Ce Clos du Noyer est réellement un des meilleurs terroirs de l’appellation.

Vue de la parcelle du clos du noyer, du domaine nicolas grosbois à panzoult, en appellation chinon
Vue du Clos du Noyer
Vieux cep de cabernet franc sur le clos

Une autre pratique à la vigne par laquelle Nicolas Grosbois se distingue est la limitation de ses rendements, qui sont parmi les plus faibles de l’appellation. Le rendement limite de l’appellation est de 55 hectolitres à l’hectare mais beaucoup de bons vignerons visent plutôt les 40, voire 45. Chez Nicolas, on tourne plutôt autour de 35 “hecto/hectare” et même 30 hectolitres à l’hectare pour le Clos du Noyer. Chaque année, au cours de l’été, il fait tomber vraiment beaucoup de raisins afin d’amener ceux qui restent sur le cep à la maturité la plus aboutie.

vendanges en vert sur le clos du noyer au domaine grosbois, en appellation chinon
Des grappes sacrifiées au sol
grappe cabernet franc maturité parcelle clos du noyer domaine grosbois en appellation chinon
Une charge par pied plutôt faible et des grappes bien lâches dans le Clos du Noyer, ça promet une belle qualité !

A la cave

Nicolas Grosbois se distingue aussi à la cave, notamment au niveau des élevages. Il est revenu de son tour du monde vinique vacciné contre l’utilisation du bois en vinification, quelque soit le contenant (barriques, 500L, demi-muids…). Il utilisait jusqu’en 2016 quelques vieux foudres pour l’élevage mais aujourd’hui, Nicolas pousse la démarche jusqu’au bout et n’en utilise donc plus du tout. Une démarche réellement atypique dans le coin et même dans le monde du grand vin en général où quasiment l’intégralité des domaines font (au moins!) une cuvée sous bois.

Vieux foudres en bois servant à la vinification du vin au domaine grosbois a panzoult
Deux vieux foudres, définitivement mis au rebut. Ils servaient jusqu'en 2016 notamment pour l'élevage du Clos du Noyer

Le chai mixe donc aujourd’hui cuves inox (qu’il utilise presque exclusivement pour vinifier ses cuvées négoce) et cuve en béton brut (non revêtu donc). Nicolas vient justement de remplacer son parc de cuves (en) béton. Il devrait gagner en précision dans ses vinifications, la taille du nouveau cuvier étant plus adaptée à la taille de ses parcelles. Il a donc troqué ses cuves cubiques (vieilles et grosses) pour des cylindriques (petites et neuves, donc). Elles sont presque aussi larges que hautes. Le volume mais également le rapport hauteur/volume d’une cuve est un critère important en vinification, les surfaces d’échanges n’étant pas les même. Nicolas possède également une petite cuve béton en forme d’amphore, pour “s’amuser” comme il dit. C’est nouveau pour lui et cela va lui permettre de faire quelques essais de vinification. Il avait déjà expérimenté les “oeufs bétons” : une cuve béton en forme d’oeuf donc (oui, la tournure est un peu bizarre, je sais…) mais cela ne l’a pas convaincu (un des oeufs, abandonné, dormait jusqu’à encore récemment dehors dans la cour…)

cuves cylindrique en beton non revetu - domaine grosbois
cuves cylindrique en beton non revetu - domaine grosbois
cuves cylindrique en beton non revetu - domaine grosbois

Tout ce petit monde prend place dans un bâtiment centenaire en pierre servant de chai de vinification et d’élevage. Il y a belle une hauteur “sous plafond” permettant de travailler confortablement mais Nicolas commence à être un peu à l’étroit, surtout depuis qu’il vinifie ses cuvées de négoce. Un nouveau bâtiment vient d’être mis en construction.

Le procédé de vinification est très traditionnel, la vendange (manuelle) est égrappée et part en fermentation en cuve, sur levures indigènes. Les cuvaisons sont de l’ordre d’une trentaine de jours, avec une petite phase pré-fermentaire “à froid” de deux ou trois jours. Les cuves sont régulées en température grâce à l’utilisation de drapeaux. Les jus de presses sont assemblés de suite et l’élevage se poursuit en cuve béton. Les vins sont mis en bouteille, sans filtration mais avec un peu de soufre, par un prestataire extérieur sous atmosphère controlée.

Les différents vins

Deux grandes entités sont à distinguer, les cuvées domaines, dont les raisins proviennent de vignes appartenant à Nicolas et les cuvées négoces, issues de raisins achetés à d’autres viticulteurs. Quoiqu’il en soit, toutes les cuvées sont bio, Nicolas ne collaborant qu’avec des viticulteurs certifiés. Toutes ne sont pas proposées à la vente sur Buveur de vin, comme pour la très grande majorité des vignerons sélectionnés ici.

  • La Cuisine de ma Mère, cuvée négoce en appellation Chinon. Les raisins sont achetés à des voisins et vinifiés par Nicolas dans son chai de Panzoult. Les vinifications et les élevages se font en cuve béton. Plusieurs mises ont lieu dans l’année (trois en général), la première intervenant au printemps suivant la vendange.
  • La Cousine de ma Mère, cuvée négoce. Cette cuvée a été créée en 2016. Le 27 Avril de cette année là, une gelée noire tue dans l’oeuf près de 80% de la récolte totale. Les parcelles donnant la cuvée La Cuisine de ma Mère sont détruites à 100%. Nicolas doit trouver du raisin quelque part ou alors il devra licencier du personnel. Direction Gaillac donc, chez un viticulteur bio pour acheter du raisin et sortir du vin malgré tout. Syrah, Merlot, Braucol et Duras composent cette cuvée, à parts égales. L’élevage se fait en cuve béton jusqu’au printemps suivant la vendange. Parce que l’histoire est (au final) sympa, et qu’en plus le vin est bon (ce qui est quand même mieux…), cette cuvée atypique est disponible à la vente ici.
  • Gabare, cuvée domaine. Elle regroupe une dizaine de parcelles de vignes entourant le chai de Nicolas, présentant une belle variété de sols de mi-coteau, en exposition Sud. Fermentation et élevage d’un an en cuve béton. Un très joli Chinon, bien représentatif de son appellation, disponible dans notre cave.
  • Le Clos du Noyer, la seule cuvée parcellaire du domaine issue d’un magnifique terroir du haut du coteau de Panzoult. Exposition Sud et sous sol de tuffeau jaune. Fermentation et élevage d’un an en cuve béton (à partir du millésime 2017, en vieux foudres pour les millésimes antérieurs). Une des bouteilles référence de l’appellation, que Buveur de vin est heureux de proposer à la vente.